Syrie : le SOS d'un infirmier français

  • A
  • A
Syrie : le SOS d'un infirmier français
Médecins sans frontières a ouvert un hôpital clandestin dans le nord de la Syrie. Frédéric Lelièvre, infirmier, y a passé trois semaines.@ REUTERS
Partagez sur :

TÉMOIGNAGE E1 - "Qu'on nous laisse soigner les blessés", clame Frédéric Lelièvre.

"C’est une véritable guerre". Frédéric Lelièvre, infirmier anesthésiste à La Roche-sur-Yon, en Vendée, vient de passer trois semaines dans le nord de la Syrie, où Médecins sans frontières (MSF) a transformé une villa en hôpital clandestin. Là-bas, au sein d’une équipe d’une dizaine de personnes, il a vu arriver des gens "dans des états terribles, déchiquetés", des enfants "avec des jambes, des bras en moins", raconte-t-il au micro d’Europe 1.

 

Depuis fin juin, "nous avons admis à peu près 1.300 blessés dans cette structure". 300 patients ont été opérés, essentiellement pour des blessures causées par "des bombardements, des éclats d’obus, des tirs d’artillerie, des tirs par balles, des snipers". "C’est une population civile essentiellement, avec une majorité de jeunes entre 20 et 30 ans, 5 à 10% de femmes, 20% d’enfants et d’adolescents de moins de 20 ans", analyse l’infirmier.

Des médecins "persécutés"

Ces civils "ont beaucoup de mal à se faire soigner, puisque beaucoup d’hôpitaux se font bombarder". Et pour atteindre l’hôpital clandestin de MSF, "c’est un double parcours du combattant" pour la population, car "les autorités les empêchent de parvenir jusqu’à nous". Quant aux médecins syriens qui tentent de soigner les blessés, ils sont "parfois persécutés par le régime".

Frédéric Lelièvre ne demande qu’une chose : "qu’on nous laisse travailler, qu’on nous laisse soigner nos blessés". Et l’infirmier de conclure : "on ne soigne pas les blessés pour contester le régime syrien, mais on n’a pas d’autre choix que de désobéir au régime pour les soigner". Depuis le début de la révolte en mars 2011, le conflit a fait plus de 34.000 morts selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme.

>> A lire aussi : A Alep, un hôpital sous les bombes