Syrie : le Russe Lavrov vient chercher le soutien de l'Américain Tillerson

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Syrie : le Russe Lavrov vient chercher le soutien de l'Américain Tillerson
Le chef de la diplomatie russe n'avait pas mis les pieds dans la capitale fédérale américaine depuis août 2013.@ Alexander NEMENOV / AFP
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La rencontre de Washington sera la troisième entrevue entre les deux ministres depuis l'arrivée au pouvoir du président américain Donald Trump, le 20 janvier.

Pour son premier voyage à Washington depuis quatre ans, le patron de la diplomatie russe Sergueï Lavrov vient chercher mercredi le soutien de son homologue américain Rex Tillerson à un projet de Moscou censé faire baisser les violences en Syrie.

Clin d'oeil de l'histoire. Clin d'oeil de l'Histoire pour ces deux puissances aux relations exécrables, Rex Tillerson et Sergueï Lavrov doivent se revoir aussi jeudi à une réunion ministérielle du Conseil de l'Arctique, en Alaska (nord-ouest), un Etat américain acheté par Washington à Moscou il y a exactement 150 ans. La rencontre de Washington sera la troisième entrevue entre les deux ministres depuis l'arrivée au pouvoir du président américain Donald Trump le 20 janvier. Mais le chef de la diplomatie russe n'avait pas mis les pieds dans la capitale fédérale américaine depuis août 2013. Il s'agissait, déjà à l'époque avec le secrétaire d'Etat d'alors John Kerry, de trouver un moyen d'arrêter la guerre en Syrie.

La Russie a pris la main. Le conflit a fait depuis mars 2011 plus de 320.000 morts, déplacé plus de la moitié de la population et provoqué la fuite de millions de réfugiés sans que ni Washington, soutien de l'opposition, ni Moscou, allié du régime syrien, n'aient réussi à s'entendre pour faire cesser les massacres. A la fin de la présidence de Barack Obama (2009-2017), les Etats-Unis se sont même progressivement mis en retrait du processus diplomatique et ont laissé la Russie prendre la main.

"Zones de désescalade". Jeudi dernier à Astana, la Russie, la Turquie et l'Iran ont paraphé un projet russe visant à faire baisser le niveau des violences en Syrie. Entrée en vigueur samedi, cette proposition prévoit quatre "zones de désescalade", doublées de "zones de sécurité" avec des postes de contrôle et centres de surveillance tenus par les forces de pays garants et éventuellement par "d'autres parties". Les Etats-Unis, qui n'étaient qu'observateurs à Astana, ont accueilli ce projet avec la plus grande prudence, leur secrétaire à la Défense James Mattis assurant lundi qu'ils "allaient regarder la proposition et voir si elle fonctionne". Tous les accords de trêve et de cessez-le-feu en Syrie ont périclité, notamment les derniers négociés par John Kerry et Sergueï Lavrov et consacrés par des résolutions de l'ONU.