Syrie : le cri d’alarme d’un médecin français à Alep

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INTERVIEW - Zouhair Lahna, chirurgien au CHU d'Aubervilliers, est parti prêter main forte en Syrie où la population n’a quasiment plus accès aux soins.

INTERVIEW

"Alep a été détruite presque complètement, on dirait Berlin après la deuxième guerre mondiale", confie Zouhair Lahna, chirurgien au CHU d'Aubervilliers, venu travailler notamment à Alep en Syrie. Au micro d’Europe 1, le chirurgien prend pour exemple le manque d’électricité. "On n’en a que trois heures la nuit et une heure et demi la journée", précise Zouhair Lahna.

Lorsque le chirurgien opère, il arrive fréquemment que l’électricité soit coupée. Il se souvient notamment d’une intervention dans la maternité au cours de laquelle il a été obligé d’éclairer la pièce avec la lumière de son téléphone portable, tandis que sa patiente était en train de perdre beaucoup de sang. "On était obligé d’y aller parce que ça saigner. On était obligé de continuer", se souvient le médecin.

Pour lui, la principale difficulté vient évidemment du manque de matériel et de personnel. "La plupart des réanimateurs sont partis. En tout à Alep, pour 300.000 habitants, il y a un réanimateur ou deux", s’alarme le chirurgien. Même chose du côté des gynécologues, il n’y en a plus qu’une seule qui exerce dans la ville, enchaînant jusqu’à 120 consultations par jour.

Quelques solutions ont été mises en place en utilisant les nouvelles technologies. Un système de consultation à distance, via Skype et WhatsApp, sont testées avec des médecins américano-syriens pour essayer de pallier le manque de personnel. "On nous a dit que ça marchait bien", tente de se rassurer Zouhair Lahna.