Syrie : la Turquie menace de frapper les milices kurdes à Minbej

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Syrie : la Turquie menace de frapper les milices kurdes à Minbej
"Nous avons déjà dit que nous frapperons les YPG s'ils ne se retirent pas" de Minbej, a déclaré le chef de la diplomatie turque.@ KARAM AL-MASRI / AFP
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La Turquie a menacé de frapper les milices kurdes syriennes, si elles ne quittent pas la ville de Minjeb, proche de sa frontière. 

La Turquie a menacé jeudi de lancer des frappes contre les milices kurdes syriennes si elles ne se retirent pas de la ville de Minbej proche de la frontière turque. "Nous avons déjà dit que nous frapperons les YPG s'ils ne se retirent pas" de Minbej, a déclaré le chef de la diplomatie turque Mevlut Cavusoglu en se référant aux Unités de protection du peuple (YPG, autonomistes kurdes) qui font partie des Forces démocratiques syriennes (FDS) soutenues par les Etats-Unis. 

Contrôle de Minbej en août 2016. Un tel retrait doit intervenir "le plus rapidement possible", a ajouté Mevlut Cavusoglu dans des déclarations à la presse à Ankara. Les FDS, dominées par les milices kurdes, avaient pris le contrôle de Minbej en août 2016, peu avant le lancement d'une offensive turque dans le nord de la Syrie destinée à en chasser le groupe djihadiste Etat islamique (EI) mais aussi les miliciens kurdes qu'Ankara considère comme une émanation du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK), classé organisation terroriste par la Turquie et ses alliés occidentaux.

Mais les Etats-Unis appuient, au grand dam d'Ankara, ces milices kurdes qu'ils considèrent comme une force locale efficace pour combattre Daech. "Nous ne voulons pas que notre allié américain continue à coopérer avec des organisations terroristes qui nous prennent pour cible", a encore dit le chef de la diplomatie turque.

Des Kurdes syriens participeraient à l'assaut. Le chef militaire de la coalition contre les djihadistes, le général américain Stephen Townsend, avait indiqué mercredi que des Kurdes syriens participeraient à l'assaut pour reprendre à l'EI son bastion syrien de Raqa. Dans une apparente réaction à ces propos, Mevlut Cavusoglu a estimé qu'une participation des YPG à une offensive contre Raqa reviendrait à "mettre en péril l'avenir de la Syrie".

Ankara veut chasser l'EI. Le président turc Recep Tayyip Erdogan avait répété mardi qu'Ankara voulait participer à l'opération visant à chasser le groupe Etat islamique de Raqa, mais sans que les milices kurdes syriennes n'y soient impliquées. "Nous discutons avec les Etats-Unis sur les modalités de l'opération à Raqa, et comment des pays de la coalition comme la France, l'Allemagne et la Grande-Bretagne peuvent fournir un soutien aérien", a ajouté Mevlut Cavusoglu jeudi.

La semaine dernière, des rebelles syriens appuyés par l'armée turque ont réussi, après plusieurs semaines de combats, à chasser l'EI de la ville d'Al-Bab, l'un de ses bastions. M. Erdogan a affirmé à plusieurs reprises que le prochain objectif après Al-Bab serait Minbej, situé à une quarantaine de km plus à l'est.