Syrie : la conférence de Genève II aura-t-elle lieu ?

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Syrie : la conférence de Genève II aura-t-elle lieu ?
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SUSPENSE - Depuis que l’Iran, soutien de Damas, a annoncé sa venue à la conférence sur la Syrie, rien ne va plus.

L’INFO. Un invité de dernière minute risque de faire capoter la conférence de Genève II sur la Syrie. Cet invité, c’est l’Iran, convié par le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, à deux jours de l’ouverture de cette réunion censée régler la question du départ du dirigeant syrien, Bachar al-Assad. Résultat : l’opposition syrienne a suspendu sa participation, obtenue de haute lutte après des tractations difficiles. Retour sur un imbroglio.

ban ki-moon

© Reuters

Un invité surprise… Dimanche soir, Ban Ki-moon annonce la présence en Suisse d’une délégation iranienne, assurant que Téhéran s’engage à jouer "un rôle positif et constructif". Mais l’Iran, qui soutient le régime de Bachar al-Assad, indique de son côté lundi midi vouloir participer à la conférence "sans condition préalable". Or, l’Iran ne reconnaît déjà pas le communiqué issu de Genève I, en janvier 2012, qui appelle à un gouvernement de transition en Syrie.

… Qui fait fuir la CNS. Une heure plus tard, le couperet tombe : la Coalition nationale syrienne (CNS), qui représente l'opposition en exil, annonce qu’elle ne participera à Genève II que si l’invitation faite par l’ONU à Téhéran est retirée avant lundi soir. La participation de l’opposition à la conférence était déjà incertaine ces dernières semaines, et n’avait pu être arrachée que samedi soir, après d’âpres négociations.

Les Occidentaux montent au créneau. Les pays occidentaux aussi semblent avoir été pris de court et ont sommé Téhéran de se conformer à l’accord. En vain jusque là. En visite aux Pays-Bas, François Hollande insiste : "tous les pays qui ont été invités à y venir [à Genève] doivent accepter l’ordre du jour, et seulement cet ordre du jour, c’est-à-dire la transition politique". En Arabie saoudite, l’un des principaux soutiens de l’opposition, on rejette aussi la participation de Téhéran. Il n’y a guère que la Russie pour soutenir la participation de Téhéran et mettre en garde les Occidentaux contre une "erreur impardonnable".

Ban Ki-moon "consterné". Dans la soirée de lundi, Ban Ki-moon a fait savoir par son porte-parole qu’il était "consterné" par le refus iranien de soutenir une transition en Syrie. "L’Iran, malgré des assurances verbales […], a fait une déclaration publique décevante", a-t-il souligné, ajoutant que la position de Téhéran était "bien en-deçà" de ses attentes. De son côté, le CNS a indiqué qu’elle donnerait sa décision après les prochaines déclarations du secrétaire général de l’ONU. L’incertitude plane donc sur ces négociations très attendues. Et même si elles ont lieu, les discussions s’annoncent compliquées, surtout après les dernières déclarations de Bachar al-Assad. Dans un entretien à l’Agence France-Presse, le président syrien a exclu de confier la direction d’un futur gouvernement à un opposant et assuré que "rien n’empêche qu’[il] se porte candidat". 

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