Syrie : "il faut que d'autres convois humanitaires atteignent Madaya"

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Le porte-parole de la Croix-Rouge en France a estimé qu'il reste encore beaucoup à faire pour les habitants de la ville syrienne assiégée de Madaya.

INTERVIEW

Le premier convoi humanitaire arrivé lundi à Madaya, en Syrie, est "un début de respiration", mais il n’est pas suffisant, a expliqué le porte-parole du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) en France Frédéric Joli, mardi dans la Matinale d’Europe 1.

"Une prise en charge globale" nécessaire. "Il est évident que ce premier convoi ne peut être seul et donc il faut imaginer, si on veut vraiment apporter une réponse humanitaire adéquate, que d’autres convois puissent atteindre cette région dans les semaines qui viennent", a-t-il ajouté. Les forces du président syrien Bachar Al-Assad assiègent depuis six mois cette ville de 42.000 habitants, où 28 personnes sont mortes de fin depuis le 1er décembre, selon Médecins sans frontières (MSF). Frédéric Joli décrit une situation terrible : "la situation humanitaire est désolante. Les habitants souffrent de la faim, de maladies chroniques, les personnes sont dénuées de tout. C’est une situation qui nécessite une prise en charge globale".

Des informations sur une famine dans la ville avaient provoqué un tollé international et poussé le régime à y autoriser l'accès. Une telle opération a été extrêmement complexe à organiser entre les différents acteurs syriens et internationaux concernés. Le Programme alimentaire mondial (PAM) de l'ONU a fait parvenir de la nourriture, notamment du lait pour enfants, tandis que le CICR fournissait des médicaments en quantité suffisante pour trois mois ainsi que du matériel chirurgical pour soigner les blessés et des couvertures.

Plus de quatre millions d'habitants privés d'aide humanitaire. Selon Frédéric Joli, 400.000 personnes sont assiégées par les différentes forces en présence - le régime ou des groupes armés - et quatre millions d’habitants se trouvent dans des zones difficiles d’accès pour l’aide humanitaire. Un autre chiffre inquiète : quatre Syriens sur cinq vivent en-dessous du seuil de pauvreté. La priorité du CICR est d’atteindre ces victimes, en se faisant garantir l’accès par les parties au conflit. Frédéric Joli rappelle que les principes élémentaires de la conduite des hostilités, qui veulent que des populations civiles ne soient pas l’enjeu d’un conflit, ne sont pas respectés dans la guerre qui dure depuis presque cinq ans en Syrie. Aujourd’hui, la Croix-Rouge a plus besoin d’argent que de dons en nature, difficiles à acheminer, pour aider les Syriens.