Syrie : "il faut arriver à faire sortir Edith"
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Sur Europe1, vendredi, le rédacteur en chef du service étranger du Figaro a appelé à "agir".

"Edith Bouvier doit être opérée, ses fractures sont trop graves. Il faut arriver à la sortir". Vendredi matin sur Europe1, Philippe Gelie, le rédacteur en chef du service étranger du Figaro pour lequel la jeune journaliste couvre les événements en Syrie, n'a pas caché son inquiétude.

Prise au piège dans l'enfer de Homs, la jeune femme de 31 ans est d'autant plus difficilement exfiltrable qu'elle a été grièvement blessée à la jambe dans l'attaque qui a coûté la vie au photojournaliste français Rémi Ochlik et à la reporter américaine Marie Colvin.

"Dans la vidéo, des éléments rassurants" 

Philippe Gelie a confié ne pas avoir de nouvelles directes de la journaliste depuis la diffusion, jeudi après-midi, d'une vidéo dans laquelle Edith Bouvier lance un appel au secours, aux côtés du photographe français William Daniels, pour être évacuée et soignée au Liban.

"Il ya des éléments rassurants dans cette vidéo : elle montre que son état n'a pas empiré depuis la veille, qu'elle est parfaitement consciente : elle décrit parfaitement sa blessure, les soins dont elle a besoin, elle a l'air de supporter la douleur", positive Philippe Gelie.

"Sur le terrain, rien n'a bougé pour l'évacuer"

"Ce qui est moins encourageant c'est que les choses n'ont pas bougé sur le terrain pour l'évacuer", a-t-il ensuite relativisé.

Depuis deux jours, le rédacteur en chef du service étranger du Figaro dit avoir activé "tous les contacts possibles" : "le Quai d'Orsay se démène de manière très énergique tout comme les diplomates français dans la région", a-t-il souligné. Des contacts ont aussi été pris avec le Comité international de la Croix-Rouge et le Croissant-Rouge syrien. "On essaie de faire tout ce que l'on peut", a confié le journaliste.

"Permettre le passage d'ambulances"

Et Philippe Gelie de lancer un appel aux autorités syriennes afin de "permettre le passage d'ambulances pour aller chercher les blessés, les morts et aussi les deux journalistes indemnes".

Comment pourrait s'organiser ce rapatriement sanitaire ? "Je pense qu'il faut quelques heures de trêve parce toute la ville de Homs est sous des bombardements intenses", estime le journaliste qui juge difficile d'imaginer qu'une mission médicale puisse rentrer dans la ville "sans cessez-le-feu".

Pourquoi Edith Bouvier et William Daniels ont-ils communiqué par vidéo et non par téléphone ? Philippe Gelie estime que c'était sans doute là "le moyen le plus efficace qu'ils on trouvé", "les communications téléphoniques étant plus difficiles, enregistrer une vidéo avant de la confier à des gens pour la diffuser était apparemment plus simple". Plus prudent aussi peut-être : mercredi, la maison des médias, dans laquelle se trouvaient les deux journalistes tués et Edith Bouvier, aurait été délibérément visée après avoir été repérée grâce à des liaisons téléphoniques satellite.