Syrie - Alep : "Cette guerre ne peut pas être gagnée"

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Jean-Pierre Filiu, historien et ancien diplomate, revient sur la prise d’Alep par les forces gouvernementales syriennes. 

INTERVIEW

Après des mois de siège, le régime syrien est sur le point de reprendre totalement le contrôle d’Alep, la deuxième ville du pays. Mais cette victoire pour Bachar al-Assad, qui affronte les forces rebelles dans Alep-Est depuis 2012, marque-t-elle pour autant un tournant décisif dans ce conflit meurtrier 

"Je ne pense pas que cette guerre peut être gagnée. Mais je ne pense pas que les révolutionnaires auraient pu l’emporter non plus. C’était une illusion de croire qu’Assad pouvait être renversé par les armes", a estimé Jean-Pierre Filiu, historien et ancien diplomate, invité mardi soir du Club de la presse d’Europe 1.

"Un conflit volatil." "Pour Assad c’est la même chose. Il a détruit la troisième voie entre lui et Daech, ce qui, de son point de vue, est une victoire. Mais au moment où il remporte cette soi-disant victoire à Alep, il perd Palmyre, qui était la seule ville que le régime avait reprise des mains de Daech. Tout cela est beaucoup plus volatil que ce que les propagandes d’État voudraient nous montrer", a analysé le professeur des universités en histoire du Moyen-Orient à Sciences-Po Paris.

Les djihadistes du groupe État islamique (EI) ont repris dimanche la totalité de Palmyre, dans le centre de la Syrie, après le retrait de l'armée syrienne de la ville antique. L’EI en avait été délogé en mars dernier.