Syrie : 55 morts dans un attentat

  • A
  • A
Syrie : 55 morts dans un attentat
"Huit sacs ont été remplis de restes humains" par les secouristes sur place, a ajouté la chaîne, citant le ministère de la Santé.@ Reuters
Partagez sur :

Près de 372 personnes ont été blessées. La télévision d'Etat dénonce une attaque "terroriste".

La Syrie a connu jeudi une journée particulièrement sanglante. Plus de 55 personnes ont été tuées et au moins 372 autres blessées dans des attentats à la voiture piégée qui ont frappé, vers 8 heures, la capitale syrienne, a indiqué la télévision d'Etat. En plus de ces victimes, "huit sacs ont été remplis de restes humains" par les secouristes sur place, a ajouté la chaîne, citant le ministère de la Santé.

Régime et opposition se sont accusés mutuellement de ces attaques, "les plus violentes en Syrie depuis le début de la révolte" en mars 2011, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

"Des élèves se rendaient à l'école"

syrie attentat 930

© Reuters

Les attaques ont été commises sur la voie rapide du sud, dans le secteur de Qazzaz, "au moment où les gens se rendaient à leur travail et les élèves à l'école", a affirmé la chaîne d'Etat, ajoutant que la majorité des victimes étaient des civils. Elles visaient un centre de renseignements dans la capitale syrienne. Deux colonnes de fumée se sont élevées au-dessus de la capitale, où les vitres des habitations ont tremblé. De nombreuses voitures civiles ont été détruites et les façades de certains bâtiments soufflées. Les services de secours, aidés par des habitants retiraient les corps calcinés de carcasses de véhicules encore fumantes. Au milieu des destructions, un homme a crié : "C'est ça la liberté que vous voulez ? Des élèves allant à leurs écoles et des employés à leur travail sont morts".

Le chef des observateurs de l'ONU en Syrie, le général norvégien Robert Mood s'est rendu sur les lieux des attentats et a appelé solennellement à l'arrêt des violences.

Les images de France 24 :





















Le dernier attentat meurtrier à Damas remonte au 27 avril. Onze personnes avaient alors péri dans l'attaque suicide en face d'une mosquée. Le régime de Bachar al-Assad avait, une nouvelle fois, accusé des "terroristes" d'être à l'origine des violences dans le pays et de commettre ces attentats.

"Les observateurs internationaux en danger"

De son côté, le Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l'opposition, a dénoncé l'implication du régime de Bachar al-Assad. "Le régime mène ces attaques pour envoyer deux messages : l'un pour dire aux observateurs internationaux qu'ils sont en danger, l'autre pour corroborer ses allégations selon lesquelles les groupes armés et Al-Qaïda agissent en Syrie", a déclaré Samir Nachar, membre du bureau exécutif du CNS. "Si Al-Qaïda et les groupes terroristes menaient ces attaques, pourquoi n'en ont-ils pas perpétré le jour des élections pour empêcher les gens d'y participer ?", a-t-il poursuivi.

Ces attaques surviennent alors que les mises en garde contre une guerre civile se font de plus en plus pressantes après les violations répétées du cessez-le-feu instauré le 12 avril. La dernière venant mercredi du patron de l'ONU, Ban Ki-moon après une nouvelle attaque contre des observateurs internationaux.