Synode : "le propos du pape n'est pas de changer la doctrine"

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Virginie Riva et , modifié à
Si le pape François change légèrement de position sur les divorcés, il n'y a aucun changement concernant les couples homosexuels.

Pas de grands changements. C’est en ces quelques mots que peut se résumer la position du pape sur la famille. Dans les 260 pages de "Amoris Laetitia" ("La joie de l'amour") publiées vendredi, François expose en détails ses directives, très attendues sur des sujets délicats qui divisent profondément l’Eglise comme le divorce et les unions homosexuelles. D’ailleurs, pour éviter les cafouillages médiatiques, les évêques du monde entier avaient été invités par le Vatican à organiser des conférences de presse de présentation, en utilisant des clefs de lecture déjà envoyées par Rome.

Du cas par cas. Finalement, les homosexuels sont quasiment absents du texte. L’Eglise catholique refuse toujours de reconnaître les unions entre personnes de même sexe. "En ce qui concerne le projet d'assimiler au mariage les unions entre personnes homosexuelles, il n'y a aucun fondement pour assimiler ou établir des analogies, même lointaines, entre les unions homosexuelles et le dessein de Dieu sur le mariage et la famille", écrit le pape dans son "exhortation apostolique" sur la famille.

"Le pape n’est pas quelqu’un qui prend des décisions en se disant 'Tiens demain je change tout. Non, ce n’est pas comme cela que ça marche", explique Monseigneur Hérouard, directeur du séminaire pontifical français de Rome, interrogé par Europe 1. "Son propos n’est pas de changer la doctrine. On n’est pas dans une question juridique pour savoir ce qui est permis ou ce qui est défendu : on est dans du cas par cas pour savoir quelle est la situation de chacun", poursuit-il.

Une porte entrouverte à la communion ? Et cette approche au cas par cas concernera les divorcés.Le souverain pontife a répondu en partie aux attentes des divorcés remariés, en appelant à leur intégration dans l'Eglise et en rejetant les condamnations définitives. Mais il n'évoque pas directement l'accès à la communion, qui est pourtant au cœur de la revendication des catholiques divorcés et remariés civilement.

En revanche, François laisse l’initiative aux évêques. "On ne devait pas attendre du synode ou de cette exhortation une nouvelle législation générale du genre canonique, applicable à tous les cas", a souligné le pape. "C'est vraiment une ouverture, il s'agit d'une possible réintégration même s'il ne parle pas ouvertement de réintégration aux sacrements", a, pour sa part, réagi l'association française "Chrétiens Divorcés Chemins d'Espérance".

Enfin, sur la question des unions libres, le pape François avance d’un pas. Il reconnaît la valeur de certaines unions libres stables. Les couples hétérosexuels en union libre ou mariés seulement civilement peuvent aussi être des "signes d'amour" à prendre en compte quand ils atteignent une "stabilité consistante à travers un lien public", ou lorsque leur union est "caractérisée par une affection profonde", écrit-t-il.