Soutiens de Ben Laden : le Pakistan visé

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Soutiens de Ben Laden : le Pakistan visé
Les Etats-Unis ont du mal à concevoir qu'Oussama Ben Laden ait pu vivre caché aussi longtemps sans complicité au sein de l'appareil d'Etat pakistanais.@ REUTERS
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Obama demande au Pakistan d’enquêter sur le réseau qui a permis à Ben Laden de rester caché.

Comment Oussama Ben Laden a-t-il pu rester caché dans l’une des villes les plus militarisé du Pakistan ? C’est la question qu’a posé Barack Obama à son allié pakistanais, soupçonné depuis depuis des années de jouer un double-jeu dans la lutte contre le terrorisme.

Le président américain a donc demandé dimanche au Pakistan d'enquêter sur le "réseau de soutiens" dont aurait bénéficié le chef d’Al-Qaïda, dans un entretien à la chaîne CBS dont des extraits ont été publiés dimanche.

"Le Pakistan doit enquêter"

"Nous pensons qu'il a bénéficié d'un réseau de soutiens quel qu'il soit à l'intérieur du Pakistan mais nous ne savons pas lequel", a affirmé Barack Obama dans cet entretien.

"Nous devons enquêter là-dessus, et surtout, le Pakistan doit enquêter", a-t-il ajouté. "Nous leur en avons déjà parlé et ils ont assuré qu'ils souhaitaient trouver de quels types de soutiens Ben Laden aurait pu bénéficier", a-t-il poursuivi, à propos des autorités pakistanaises.

Interroger la famille de Ben Laden

"Nous n'avons aucune preuve que le gouvernement d'Islamabad était au courant", a renchéri son conseiller pour la sécurité nationale, Tom Donilon, sur la chaîne NBC. Mais "Ben Laden a bénéficié de certains réseaux d'aide à Abbottabad", a-t-il estimé.

Le Monsieur Sécurité de la Maison Blanche a en outre demandé à Islamabad de transmettre aux Etats-Unis les renseignements trouvés dans la villa de Ben Laden et de leur donner accès aux trois femmes du chef d'Al-Qaïda désormais en détention, afin de les interroger.

Au Pakistan même, l'opposition considère que le président Asif Ali Zardari et le Premier ministre, Yousuf Raza Gilani, doivent s'expliquer sur le fait qu'un commando américain ait pu pénétrer sur le territoire national, ou bien démissionner.

L’indignation du Pakistan

Islamabad, qui considère que sa souveraineté a été violée lors de l'opération américaine sur son sol, a menacé la semaine dernière de revoir sa coopération militaire avec les Etats-Unis si un tel événement devait se reproduire.

Mais l'ancienne secrétaire d'Etat Condoleezza Rice a estimé sur la chaîne ABC que le Pakistan était "mal placé pour la ramener", le chef d'Al-Qaïda ayant pu se cacher "pratiquement dans la banlieue" de sa capitale.

D’autant que l’armée pakistanaise reçoit chaque année plus d’un milliard de dollars d’aide américaine pour lutter contre le terrorisme et qu’elle soutient plusieurs organisations terroristes ou paramilitaires, notamment dans la région du Cachemire, que se disputent l’Inde et le Pakistan.