Snowden "a une histoire explosive" qui n'a pas encore été révélée

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INTERVIEW - Glenn Greenwald, le journaliste à l'origine d'une bonne partie des révélations sur la NSA, confie que Snowden détient des informations sur la France.

Glenn Greenwald, le journaliste à l'origine d'une bonne partie des révélations sur la NSA et auteur de Nulle part où se cacher, a raconté, jeudi matin sur Europe 1, comment il était entré en contact avec Edward Snowden, l'ex-consultant des services de renseignements américains par qui le scandale est arrivé. Et de prévenir : les révélations ne sont pas terminées

Un rendez-vous devant un énorme alligator vert. Edward Snowden "m'a envoyé un email de façon anonyme en décembre 2012. Il ne voulait absolument rien dire sur lui-même. Il voulait que j'établisse un système très compliqué de chiffrage et je l'ai fait. Et donc finalement, il a écrit un message à quelqu'un que je connaissais, et il m'a demandé de venir à Hong-Kong, là où il se trouvait", raconte Glenn Greenwald au micro de Thomas Sotto.



Entre cette première prise de contact et leur premier rendez-vous à Hong Kong, six mois s'écoulent. "Je suis allé à Hong-Kong et c'est là que je l'ai rencontré", a poursuivi le journaliste. "Il nous a demandé de nous retrouver dans une partie de l'hôtel où il habitait, dans une pièce quasiment à l'écart de tout, et d'attendre sur un canapé devant cet énorme alligator vert qui était par terre. Un faux, bien sûr. La question, c'était : 'comment on allait le reconnaître ?' Parce qu'on savait pas à quoi il ressemblait", confie Glenn Greenwald. "Il nous a dit : "vous me reconnaîtrez parce que je tiendrai un rubik's cube dans les mains". Et il est rentré, il tenait un Rubik's cube, et c'est comme ça qu'on l'a reconnu", ajoute-t-il.

Snwoden, un homme d'une "tranquillité choquante". Au moment où Glenn Greenwald rencontre Edward Snwoden, il ne sait pas encore très bien à qui il à affaire. "A ce moment-là, j'avais déjà reçu des douzaines de documents qu'il m'avait envoyés. Et dans le vol de New York jusqu'à Hong Kong, j'ai vu toutes les archives. Une fois arrivé à Hong Kong, je savais qu'il était en possession de documents ultra sensibles. Plusieurs milliers. Mais je ne savais pas qui il était et pourquoi il l'avait fait, quels étaient ses motifs. Et c'est ça que je devais découvrir".

Une des choses qui a le plus marqué le journaliste américain, c'est le calme et la sérénité d'Edward Snowden."Il y avait évidemment beaucoup de tension et de stress dans l'air dès la première seconde, parce qu'on savait tous qu'on faisait quelque chose qui était risqué et dangereux. Mais en même temps, depuis le début, il avait cette tranquillité étonnante, choquante même. Il était parfaitement conscient des conséquences pour lui", se souvient le journaliste.

C'est "très difficile de faire ce genre de journalisme". Glenn Greenwald confie également qu'Edward Snowden était un de ses lecteurs depuis de nombreuses années et que c'est pour cette raison qu'il a choisi d'entrer en contact avec lui. "J'ai beaucoup écrit sur l'espionnage, la surveillance. Il voulait quelqu'un qui comprendrait les problématiques. Mais le plus important pour lui, c'était ma vision du journalisme. Il voulait être certain que la personne qu'il allait rencontrer allait être très agressive, qu'elle sortirait ce rapport et qu'elle n'aurait pas peur des menaces du gouvernement", explique-t-il sur Europe 1.

Glenn Greenwald confie aussi qu'il a "a été extrêmement compliqué" de faire publier ses articles sur les révélations de Snwoden. "C'est facile maintenant de regarder en arrière et de dire que c'est une histoire extraordinaire et que bien sûr, les journaux l'ont publiée. Mais à l'époque, c'étaient des questions extrêmement compliquées. Il fallait comprendre quelles seraient les conséquences juridiques, quelles seraient les réactions politiques et aussi les questions sur nos sources. Et c'était très risqué, très difficile de faire ce genre de journalisme", se souvient-il.

Cette histoire "explosive" qui reste à publier. Glenn Greenwald poursuit en confiant que "depuis le début, l'histoire - je crois - [l'histoire] la plus explosive et la plus importante, c'est celle qui n'a pas encore été publiée. On travaille là-dessus. On va la publier. A l'évidence, je ne peux pas la révéler ici à votre antenne. J'aimerais beaucoup d'ailleurs, mais ça répond à la question suivante : "Qui est ciblé dans le domaine de l'espionnage le plus invasif ?" Est-ce que ce sont vraiment des terroristes qui sont ciblés ou des gens qui critiquent le gouvernement américain, des enseignants, des gens qui s'engagent en faveur des droits de l'homme ?", détaille-t-il.

La France ne sera pas épargnée. Il indique également que certaines révélations concerneront la France. "Je travaille avec le journal Le Monde sur ce qu'il se passe en France et c'est ce que je vais continuer de faire. Je pense qu'il y aura beaucoup plus d'histoires à raconter."



 Enfin, pour conclure, Glenn Greenwald évoque la difficulté pour lui de faire son travail de journaliste au quotidien. "Le gouvernement américain a passé des mois à menacer le genre de journalisme que nous faisons. Disons que c'est une sorte de crime. Et à menacer de m'arrêter si je retournais aux Etats-Unis. Vous savez, je mène mes activités à partir du Brésil", explique-t-il. "A l'évidence, quand on est en possession de plusieurs milliers de documents que chaque gouvernement dans le monde voudrait avoir dans ses mains, il y a des risques certains. Mais nous avons décidé très tôt d'être conscients des risques, de nous sortir ça de la tête et de faire notre journalisme", conclut le journaliste américain.

 
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