Six "vampires" tués par la foule au Malawi

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Six "vampires" tués par la foule au Malawi
Les autorités malawites dénoncent des agressions sans fondement.
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Les hommes, accusés d'avoir bu du sang humain lors de rituels, ont été battus à mort par des foules en colère.

Des groupes d'autodéfense ont tué depuis le mois dernier au Malawi six personnes soupçonnées par la population d'avoir bu ou tenté de boire du sang humain lors de cérémonies de magie noire. Ces "vampires" présumés ont été battus à mort par des foules en colère lors de trois incidents distincts survenus dans le district de Mulanje, dans le sud du pays, a précisé un porte-parole de la police malawite, James Kadadzera.

"Aucune preuve de l'existence de ces buveurs de sang". Lors du dernier incident en date, dimanche, deux personnes ont été lynchées car elles étaient "suspectées d'être des buveurs de sang", a rapporté James Kadadzera. Lors d'un autre épisode violent, un chef local a été tué, accusé d'être complice de "buveurs de sang", a ajouté l'officier.

"Il n'existe aucune preuve de l'existence de ces buveurs de sang et personne ne s'en est plaint auprès de la police", a assuré James Kadadzera, "nous accusons ces populations locales d'avoir voulu se faire justice elles-mêmes".

Incidents récurrents. La police a mobilisé une centaine de ses hommes pour ramener le calme dans la région. A la suite de ces incidents, l'ambassade des Etats-Unis au Malawi a annoncé avoir ordonné à une équipe de volontaires du Peace Corps américain de quitter le district de Mulanje. Elle a également interdit jusqu'à nouvel ordre à ses diplomates de s'y rendre "en raison d'actes d'autodéfense motivés par des rumeurs", selon un communiqué.

L'existence de vampires fait l'objet de rumeurs et d'incidents récurrents au Malawi, petit pays d'Afrique australe où les croyances traditionnelles restent très ancrées dans la population. Dans les années 1970, le gouvernement de l'ex-dictateur Kamuzu Banda avait été accusé d'avoir tué des habitants d'un quartier populaire de Blantyre pour vendre leur sang à l'Afrique du Sud voisine, alors sous le régime raciste de l'apartheid.