Séoul ne développera pas l'arme nucléaire, annonce le président

Moon Jae-In, Corée du Sud crédit : ED JONES / POOL / AFP
Le président sud-coréen a réaffirmé que son pays ne se doterait pas de l'arme nucléaire © ED JONES / POOL / AFP
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avec AFP
Le président sud-coréen a rappelé que Séoul ne développerait ni ne posséderait d'armes nucléaires malgré les menaces de son voisin nord-coréen qui a fait un sixième essai nucléaire début septembre.

La Corée du Sud ne développera pas ses propres armements nucléaires en dépit des menaces de Pyongyang, le voisin du Nord qui dispose de l'arme atomique, a annoncé mercredi le président sud-coréen, Moon Jae-In.

"Nous n'allons pas posséder [des armes] nucléaires". "Les efforts de la Corée du Nord pour devenir un État nucléaire ne peuvent être acceptés ou tolérés", a déclaré le président dans un discours au Parlement. "Nous n'allons pas développer ou posséder [des armes] nucléaires", a-t-il également souligné.

Pyongyang a mené en septembre son sixième essai nucléaire, le plus puissant à ce jour. Le Nord a également tiré des missiles susceptibles en apparence d'atteindre une bonne partie du continent américain, faisant naître des craintes à Séoul quant à la solidité de son alliance avec Washington.

Un appel à un "équilibre de la terreur". Les médias sud-coréens et l'opposition ont réclamé le redéploiement des armes nucléaires tactiques américaines qui avaient été retirées de la péninsule dans les années 1990. Certains estiment qu'en cas de refus de Washington, - et le ministre américain de la Défense Jim Mattis a émis des doutes sur cette idée lors d'une visite le week-end dernier -, Séoul doit se doter de ses propres capacités nucléaires. Il s'agit à leurs yeux d'assurer un "équilibre de la terreur" sur la péninsule.

Le respect d'un accord de dénucléarisation. Mais le président Moon a souligné que la politique sud-coréenne en la matière serait "basée sur la déclaration conjointe de dénucléarisation de la péninsule coréenne proclamée par les deux Corées" en 1992. Les deux États rivaux avaient alors convenu de s'abstenir de développer un arsenal nucléaire. Deux ans après, Pyongyang concluait avec Washington un accord sur la dénucléarisation en échange d'une aide. Mais cet accord avait volé en éclats en 2002 lorsque Pyongyang avait abandonné la non-prolifération et repris son programme d'armements nucléaires.

Une escalade verbale entre Pyongyang et Washington. Ces derniers mois, Kim Jong-Un et le président américain Donald Trump ont également échangé des insultes personnelles, ravivant les craintes de conflit sur la péninsule, où la guerre de 1950-53 avait fait des millions de morts. Le chef de la Maison-Blanche a menacé de déchaîner le "feu et la colère" sur Pyongyang, évoquant le "calme avant la tempête". Mais le président sud-coréen a martelé qu'il ne pourrait y avoir d'opération militaire américaine sans le consentement de Séoul. Les Sud-Coréens doivent "déterminer eux-même l'avenir de [leur] nation".

Un conflit armé ferait trop de victimes. Certains conseillers de Donald Trump reconnaissent eux-mêmes que les options militaires de Washington sont limitées car un conflit sur la péninsule ferait un très grand nombre de victimes. Séoul compte 10 millions d'habitants et n'est situé qu'à une cinquantaine de kilomètres de la frontière, à portée de l'artillerie nord-coréenne. Le cabinet américain Nautilus a estimé que 65.000 Sud-Coréens seraient tués dans la seule capitale au premier jour d'une attaque conventionnelle nord-coréenne.