Sénégal : la police déployée à Dakar

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Sénégal : la police déployée à Dakar
Depuis fin janvier, six personnes sont mortes lors d'affrontements avec la police@ Reuters
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La police sénégalaise a bouclé lundi soir tous les accès à une place de la capitale.

L'opposition sénégalaise ne désarme pas. Au lendemain d'une manifestation interdite qui a fait un mort lors d'affrontements avec des policiers, la police sénégalaise a bouclé lundi soir tous les accès à une place de Dakar où l'opposition sénégalaise a appelé à une manifestation interdite contre la candidature du président sortant Abdoulaye Wade à la présidentielle de dimanche.

"Nous lançons un appel à manifester à 15 heures place de l'Indépendance", avait déclaré lundi matin Alioune Tine, coordinateur du Mouvement du 23 juin (M23), une coalition de partis d'opposition et d'organisations de la société civile. Abdoulaye Wade est devenu, "dans sa volonté de rester au pouvoir, sourd, muet et aveugle" a-t-il ajouté.

La répression par la police avec des gaz lacrymogènes, des balles en caoutchouc et des canons à eau, a fait au moins une vingtaine de blessés depuis vendredi, deux morts en banlieue et en province. Depuis fin janvier, six personnes sont mortes dans des violences liées à la contestation de la candidature du président Wade au pouvoir depuis 12 ans.

La France met en garde ses ressortissants

La France a demandé à la libération de tous les manifestants arrêtés lors de ces manifestations. "La France exprime sa vive inquiétude en raison de la montée des tensions de ces derniers jours au Sénégal. Elle déplore la mort d'un manifestant au cours de ce week-end", a déclaré Vincent Floreani, un porte-parole du Quai d'Orsay.

"La France rappelle son attachement à la liberté d'expression et de manifestation et appelle à la libération de toutes les personnes arrêtées lors des manifestations de ces derniers jours", a ajouté Vincent Floreani.

Dans la partie "Conseils aux voyageurs" de son site Internet, le Quai d'Orsay a par ailleurs appelé lundi la communauté française à observer une "vigilance accrue". "Entré dans une période pré-électorale agitée, le Sénégal, et notamment sa capitale, peut être sujet à des manifestations plus ou moins maîtrisées", affirme la notice du ministère. Il est nécessaire de "s'écarter de tout rassemblement qui peut être source de risques non négligeables et de vols avec violence", ajoute-t-elle.