Semprún, une vie face à l’Histoire

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Semprún, une vie face à l’Histoire
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PORTRAIT - Ancien résistant et ancien déporté, l’écrivain a traversé le XXe siècle.

"Plus je me remémore, plus le vécu d'autrefois s'enrichit et se diversifie, comme si la mémoire ne s'épuisait pas", a écrit Jorge Semprún dans son roman autobiographique Adieu, vive clarté. L’écrivain espagnol est décédé mardi à l’âge de 87 ans. Enfant de la guerre civile espagnole, déporté à Buchenwald puis rescapé des camps, membre actif du Parti communiste espagnol puis ministre de la Culture entre 1988 et 1991, Jorge Semprun a traversé l’histoire du XXe siècle.

Né en 1923 à Madrid, Jorge Semprun est élevé dans une famille de la haute bourgeoisie espagnole. Quand la guerre civile éclate en Espagne en 1936, la famille Semprun s'exile en France, en Suisse, aux Pays-Bas, avant de rejoindre définitivement la France en 1939. Pendant la seconde guerre mondiale, il s'engage dans la Résistance et adhère au Parti communiste espagnol. Il coordonne les activités clandestines de résistance au régime de Franco et sous le pseudonyme de Frederico Sanchez. Arrêté par la Gestapo, Jorge Semprun est envoyé au camp de Buchenwald où il restera 15 mois, jusqu'à sa libération par les troupes américaines.

L’écriture, sa deuxième vie

Après la guerre, Jorge Semprun milite contre le régime de Franco, en tant que militant communiste, mais il est exclu du parti en 1964 pour ses prises de position allant à l'encontre de la politique du parti. Jorge Semprun décide de se consacrer pleinement à son travail d'écrivain et de scénariste avant de retrouver la politique, en tant que ministre de la Culture de 1988 à 1991, dans le cabinet du président du gouvernement socialiste Felipe Gonzalez.

L’écrivain a raconté son expérience de déporté dans Le Grand Voyage, L'Évanouissement, Quel beau dimanche, Le mort qu'il faut, L'écriture ou la vie et Vingt ans et un jour. Dans Autobiographie de Federico Sanchez et La deuxième mort de Ramon Mecader, il revenait sur sa vie de clandestin à l'époque du franquisme quand il était un membre du Parti communiste espagnol. Plus encore qu’un autre, la vie et l’oeuvre de Jorge Semprun ont toujours été étroitement liées.