Seif-al-Islam Kadhafi devrait bien être jugé

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Seif-al-Islam Kadhafi devrait bien être jugé
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Le fils du dictateur libyen déchu va être transféré la semaine prochaine dans une prison de Tripoli.

Un pas vers un éventuel procès a été franchi pour Seif-al-Islam Kadhafi. Emprisonné à Zenten depuis sa capture le 19 novembre, le fils de Mouammar Kadhafi va être transféré la semaine prochaine dans une prison de Tripoli, la capitale libyenne, selon le représentant de la Libye à la Cour pénale internationale (CPI). D'après Ahmed Jehani, Seif-al-Islam sera transféré, "avant la fin de la semaine prochaine". Le fils "préféré" de Mouammar Kadhafi, probable successeur du "Guide" avant le renversement, a accepté d'engager un avocat pour le défendre.

"Les révolutionnaires de Zenten ont accepté de le remettre aux autorités pour qu'il soit jugé selon la loi libyenne", a poursuivi Ahmed Jehani. Cependant, Seif-al-Islam est aussi visé par un mandat d'arrêt de la CPI, notamment pour crimes contre l'humanité commis lors de la répression de la révolte populaire l'an dernier, qui s'est transformée en guerre civile. Pour la deuxième fois mercredi, la cour a demandé à la Libye de lui remettre immédiatement Seif-al-Islam, en vain.

Mis à l'isolement et agressé

"Aucun degré de pression ne poussera la Libye à le remettre", a estimé le représentant de la Libye à la CPI. Salwa Dugheili, présidente du Conseil judiciaire libyen, a pour sa part expliqué que Tripoli "a dit et redit que c'était le droit des Libyens et de leurs juges de mener ce procès". "Beaucoup d'autres dignitaires de l'ancien régime sont détenus dans des prisons tenues par des brigades de révolutionnaires à travers le pays dans l'attente d'un transfert vers des prisons de l'Etat", a-t-elle ajouté.

Des organisations de défense des droits de l'Homme ont fait état de nombreux abus dans ces prisons tenues par les ex-rebelles, où les détenus pâtissent de l'absence de personnel qualifié. Xavier-Jean Keïta, du bureau de la défense de la CPI, chargé notamment de garantir les droits de la défense, avait déclaré jeudi que Seif Al-Islam Kadhafi "a été agressé physiquement, a été totalement mis en isolement (...) et souffre en outre d'importants maux de dents dus à l'absence de soins dentaires". Ahmed Jehani a qualifié ces accusations de "dépassées", affirmant qu'il avait bénéficié de soins médicaux depuis la visite de la CPI le 3 mars.

Seif al-Islam avait été arrêté le 19 novembre après être tombé dans une embuscade dans la nuit. Présent lors de son arrestation, Al-Ajmi al-Atiri, le chef de la brigade de Zenten a déclaré : "il nous a demandé de lui tirer une balle dans la tête et qu'on l'amène mort à Zenten". Le deuxième fils de Mouammar Kadhafi était en cavale depuis le 21 août.