Scènes d'horreur en Libye

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Scènes d'horreur en Libye
L'avancée des rebelles libyens est suivie de découvertes lugubres dans les rues de Tripoli.@ REUTERS
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La libération progressive du pays montre l'horreur des crimes commis par les pro-Kadhafi.

Corps calcinés, cadavres gisant dans la rue les mains liées ou fosses communes, la Libye découvre l'horreur de la guerre à mesure que le pays se libère de l'étreinte de Mouammar Kadhafi.

Dans une prison de Tripoli, les rebelles ont découvert dimanche une cinquantaine de corps calcinés. Dix-huit cadavres criblés de balles, dont deux avec les mains attachées, ont aussi été retrouvés dans le lit d'une rivière près du complexe de Bab al Azizia, l'ancien QG de Kadhafi. Vingt-neuf autres corps, montrant des signes d'exécution, ont été mis au jour dans une clinique de fortune.

"Les preuves que nous avons été en mesure de rassembler pour le moment suggèrent fortement que les forces du gouvernement Kadhafi ont mené une série d'assassinats sommaires au moment où Tripoli tombait", a affirmé Sarah Leah Whitson, directrice de l'association de défense des droits de l'Homme en Afrique du Nord.

Battu et torturé à l'électricité

Pour faire la lumière sur ces exactions, les autorités pourront compter sur les rescapés, comme Mohamed. Le jeune homme de 25 ans a été torturé pendant trois jours à l'électricité après avoir été battu. accusé de comploter avec les rebelles.

Il a été arrêté en pleine nuit par 25 voitures. Menotté, les yeux bandés, Mohamed a été emmené à la prison d'Abou Salim, à Tripoli. Il a ensuite passé trois mois dans une cellule avec sept camarades et seulement huit dattes par jour pour repas, avant que les rebelles n'arrivent et ne les libèrent.

Torturé à l'électricité pendant trois jours :

50.000 détenus introuvables

Depuis la prise de Tripoli par les rebelles, 10.000 à 11.000 détenus ont été libérés des prisons du régime déchu. Mais près de 50.000 autres sont toujours manquants, selon un porte-parole militaire de la rébellion.

Cela pose une grave question dans l'esprit des Libyens. Où sont les autres prisonniers ?", s'interroge ainsi le colonel Ahmed Omar Bani. "Ce serait catastrophique s'il s'avère qu'ils ont été tués. Nous avons les noms d'individus qui savent ce qu'il s'est passé avec les détenus à Tripoli et dans sa périphérie. Ces individus sont activement recherchés par nos forces de libération", a-t-il ajouté.

Parfois critiqués pour leur envie de vengeance, les rebelles ont été sermonnés par le Comité national de transition, qui a appelé à ne pas se "venger sur les prisonniers".