Sauvons les oiseaux new-yorkais

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Sauvons les oiseaux new-yorkais
D'après une association, 90.000 oiseaux se tuent chaque année à New York en s'écrasant sur des vitres.@ REUTERS
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Les tours vitrées provoquent une surmortalité des oiseaux dans la ville. Qui a décidé de frapper fort.

Verra-t-on bientôt un filet sur les vitres du World Financial Center, ce vaste complexe de verre et d'acier qui se dresse au sud de Manhattan ? Ce n'est pas impossible, car la ville de New York se prononcera très prochainement sur une nouvelle législation visant équiper les immeubles pour protéger les oiseaux. Ceux-ci ont en effet une fâcheuse tendance à s'écraser sur les nombreuses vitres des gratte-ciel de la grosse pomme, qu'ils ne peuvent pas éviter, rapporte le New York Times.

A New York, 90.000 oiseaux se tuent chaque année en s'écrasant sur des vitres, a recensé l'association de protection de la nature New York City Audubon. San Francisco a déjà adopté une législation similaire en juillet et un projet est à l'étude à Washington pour l'étendre à de nombreux bâtiments fédéraux.

300 oiseaux morts à Chelsea

"Avec une certaine lumière, des panneaux vitrés peuvent devenir des miroirs, et plus la vitre est grande, plus elle est dangereuse", note une bénévole. D'après l'ONG New York City Audubon, les oiseaux sont en effet incapables de détecter, et donc d'éviter, les vitres. Et l'éclairage nocturne des gratte-ciels crée la confusion chez certaines espèces migratrices.

En 2006, des membres de l'association avaient constaté un véritable massacre dans le quartier de Chelsea, où 300 oiseaux avaient été retrouvés morts. En cause : un bâtiment dont les vitres reflétaient un rang de platanes. Le propriétaire a accepté de placer un film opaque sur les vitres et l'année suivante, aucune victime à plumes n'était à déplorer.

Des procédés simples

Car il existe des techniques pour empêcher les volatiles d'aller s'encastrer dans les vitres. Un film opaque ou translucide, des motifs de points, des stores ou même des filets peuvent permettre aux oiseaux de faire la différence. Et bien souvent, seule une partie du bâtiment doit être traitée.

Mais ces procédés ne sont pas faciles à imposer à des architectes préoccupés avant tout par l'aspect esthétique de leurs bâtiments, souligne le New York Times. Et les fabricants planchent toujours sur des modèles de vitres utilisant des signaux ultraviolets, visibles seulement par les oiseaux.

Interrogé par le New York Times, Glenn Phillips, président de l'association New York City Audubon, dit espérer "qu'un jour, le fait de construire un immeuble avec seulement des vitres sera perçu comme le fait de porter un manteau de fourrure". "Non pas que personne ne le fera, mais peut-être qu'ils y réfléchiront à deux fois".