Sarkozy, les Américains et Betancourt

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Sarkozy, les Américains et Betancourt
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Des notes, révélées par WikiLeaks, montrent les critiques américaines sur la stratégie de Paris.

En mai 2008, l’ambassadeur des Etats-Unis en France rédige une note de synthèse à l’attention de George W. Bush qui doit se rendre peu après à Paris. Une note révélée par WikiLeaks et qui liste les différents dossiers qui pourraient être abordés à l'occasion de ce voyage. Parmi eux, le cas d’Ingrid Betancourt, alors otage des Farc en Colombie. Et le diplomate américain ne mâche pas ses critiques à l’égard de la France.

Une affaire diplomatique et politique

"Sarkozy a mis en avant l’affaire Betancourt au moment de sa campagne électorale et tout au long de sa première année de présidence, espérant qu’il pourrait en tirer un bénéfice politique en réussissant là où ses prédécesseurs ont échoué. Mais, il n’a fait qu’augmenter la valeur d’Ingrid Betancourt comme prisonnière pour les Farc", décrypte sans détour l’ambassadeur des Etats-Unis, dans une note "secrète" dévoilée par le journal colombien El Tiempo.

La suite du texte relate une confidence qu’aurait faite Bernard Kouchner à des journalistes, après une visite en Colombie en mai 2008 : "il n’est pas optimiste sur la possibilité pour Ingrid Betancourt d’être libérée".

Betancourt, une "icône"

Dans autre note confidentielle qui date d’octobre 2007, le même ambassadeur des Etats-Unis en France écrit à la secrétaire d’Etat de l’époque, Condoleezza Rice, pour analyser le rapprochement en cours entre Paris et le Venezuela, toujours autour du cas d’Ingrid Betancourt. "Les Français reconnaissent que Chavez [le président vénézuélien, NDLR] est un interlocuteur politique difficile, mais ils acceptent de ‘traiter avec le diable’ pour parvenir à faire libérer une otage ‘icône’", peut-on lire dans ce second document.

C’est finalement par la force, lors d’une opération menée par l’armée colombienne, et sans l’aide du Venezuela, qu’Ingrid Betancourt a été libérée le 2 juillet 2008. En même temps que trois otages américains, qui étaient alors eux aussi aux mains des Farc.