Sanctions américaines : le Kremlin ne souhaite pas donner d' "appréciation pour l'instant"

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Sanctions américaines : le Kremlin ne souhaite pas donner d' "appréciation pour l'instant"
"C'est Vladimir Poutine, prendra la décision" sur une éventuelle riposte russe, a déclaré le porte-parole du Kremlin. (Illustration)@ ALEXANDER ZEMLIANICHENKO / POOL / AFP
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Voté mardi par la chambre basse du Congrès américain, le projet de loi inclut aussi des sanctions aussi contre l'Iran et la Corée du Nord.

Le Kremlin a indiqué mercredi ne pas souhaiter donner d'"appréciation pour l'instant" sur le projet de loi concernant de nouvelles sanctions contre la Russie, adopté par le Congrès des États-Unis. "Comme il s'agit d'un projet de loi, nous n'allons pas donner d'appréciation substantielle pour l'instant" sur cette initiative, a déclaré à la presse le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. "Attendons que ce projet de loi devienne une loi", a-t-il ajouté.

Voté mardi à une quasi-unanimité par la chambre basse du Congrès américain, le projet de loi, qui doit encore être adopté par le Sénat, inclut des sanctions non seulement contre la Russie mais aussi contre l'Iran et la Corée du Nord. Au cas où la loi serait adoptée par le Sénat américain, "le chef d'État, Vladimir Poutine, prendra la décision" sur une éventuelle riposte russe, a précisé Dmitri Peskov. Il a toutefois qualifié de "très triste du point de vue des relations russo-américaines" la mesure prise par le Congrès des États-Unis. "C'est aussi accablant du point de vue du droit international et des relations commerciales internationales", a estimé le porte-parole du Kremlin.

Des actes qui ne seront pas "sans réponse". La diplomatie russe a déjà dénoncé mercredi ce projet de loi voté aux États-Unis, le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov, assurant que "ces actes ne resteront pas sans réponse". Pour sa part, le président de la commission pour les Affaires étrangères au Conseil de la Fédération (chambre haute du Parlement), Konstantin Kossatchev, a appelé à riposter de "manière pénible pour les Américains". 

Une conséquence "illicite" pour Paris. Ces nouvelles sanctions auront une conséquence "illicite" car elles risquent de toucher des entreprises européennes, a estimé mercredi la diplomatie française. "Ce projet de loi, s'il était promulgué, permettrait l'édiction de mesures à l'encontre de personnes physiques ou morales européennes (...) De ce fait, la portée extraterritoriale de ce texte apparaît illicite au regard du droit international", a déclaré la porte-parole du Quai d'Orsay, Agnès Romatet.

L' "inquiétude" de la Commission européenne. Dans un communiqué, la Commission européenne a fait part de son "inquiétude" concernant d'une part le "possible impact sur l'indépendance énergétique de l'UE" et, d'autre part, les "conséquences politiques négatives possibles", rappelant l'importance de coordonner la politique de sanctions entre tous les pays du G7. Le projet, qui doit encore être adopté par le Sénat, fissure aussi l'unité affichée entre les États-Unis et l'Union européenne face à la Russie depuis l'annexion de la Crimée en 2014. Jusqu'à présent, le régime de sanctions contre la Russie en raison de la Crimée était coordonné des deux côtés de l'Atlantique, de façon à faire bloc.