Sanctionnée, la Russie attaque l’agriculture occidentale
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RIPOSTE - Moscou interdit les importations de produits agroalimentaires provenant des pays qui l'ont sanctionnée.

Le Premier ministre russe, Dmitri Medvedev a décrété mercredi l"interdiction totale" d'importer des produits agroalimentaires en provenance des pays ayant mis en place des sanctions économiques contre la Russie. Cette interdiction, d'une durée d'un an, concerne le boeuf, le porc, la volaille, le poisson, le fromage, le lait, les légumes et les fruits en provenance des États-Unis, de l'Union européenne, de l'Australie, du Canada et de la Norvège.

Selon l'agence de presse Ria Novosti, qui cite les autorités sanitaires russes, Moscou va répondre aux nouvelles sanctions occidentales en interdisant les importations de tous les produits agricoles américains et des fruits et légumes de l'Union européenne.

Quelles conséquences ? Un embargo qui pourrait avoir des conséquences non négligeables pour le secteur agricole puisque la fermeture de ce marché risque de provoquer des invendus et donc de faire baisser les prix. Par ricochet, cet embargo va profiter aux producteurs des pays en bons termes avec la Russie, qui pourraient ressortir renforcés de cette crise.

"Les Russes vont continuer à manger des pommes, des tomates, des pêches. Sauf que l'origine ne sera plus européenne : elle sera d'Asie, du Brésil, d'Afrique du Sud, etc. Donc quand ce marché se rouvrira, il faudra des années pour reconquérir des parts de marché. C'est dramatique", décrypte pour Europe 1 Luc Barbier, président de la fédération nationale des producteurs de fruits. La Russie constitue en effet le premier marché à l'export pour les producteurs français de pommes et de poires.

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L'Ukraine, au cœur des tensions. "Afin de protéger les intérêts nationaux de la Fédération de Russie (...), j'ordonne d'interdire ou de limiter pour un an les importations sur le territoire russe de certains types de produits agricoles, de matières premières et de produits d'alimentation" en provenance de pays qui ont "décidé de mettre en place des sanctions économiques" contre la Russie, a déclaré Vladimir Poutine, cité dans le communiqué. Les États-Unis, l'Union européenne ou encore le Canada ont décidé des sanctions contre Moscou, accusée de soutenir les séparatistes dans l'est de l'Ukraine, voire même d'ingérence.

Ces sanctions qui visent la Russie. Les Européens ont décidé de bloquer les avoirs de huit personnes, dont quatre hommes d'affaires russes proches du président Poutine, soupçonnés de bénéficier de l'annexion de la Crimée ou de soutenir activement la déstabilisation en Ukraine. L'UE a également annoncé une série de mesures bloquant l'accès des entreprises et banques russes aux marchés financiers européens et interdisant toute vente d'armes et de technologies sensibles dans le domaine de l'énergie.

De son côté, Washington a imposé de nouvelles sanctions aux secteurs clés de l'énergie, de l'armement et de la finance. Dans le détail, les Etats-Unis interdisent désormais aux Américains d'effectuer certaines transactions avec la VTB, deuxième banque de Russie, la Banque de Moscou, qui est une de ses filiales, et la Banque agricole russe, premier prêteur de l'agriculture russe. Les secteurs de l'énergie, de la défense et de la finance sont également visés, avec la suspension d'exportations.

Le Canada, enfin, a annoncé mercredi des sanctions économiques contre 22 sociétés et entités de Russie et d'Ukraine, dans les domaines bancaire et du transport aérien notamment, ainsi que des interdictions de voyager contre 19 dirigeants des deux pays. En outre, le Premier ministre canadien Stephen Harper a souligné que son gouvernement se préparait à viser le secteur pétrolier russe.