Rwanda: les experts français rendent leur rapport

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Rwanda: les experts français rendent leur rapport
@ REUTERS
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Pour le clan du président Paul Kagame, ce rapport confirme son innocence.

Le rapport d'expertise français sur l'attentat contre l'avion du président rwandais Habyarimana en 1994, qui exonère les proches de l'actuel président Paul Kagame, "rend justice" à la position du Rwanda sur ces évènements, s'est félicité mardi le gouvernement de ce pays.

"Coup d'Etat"

Les conclusions du rapport "rendent justice à la position soutenue depuis longtemps par le Rwanda sur les circonstances entourant les évènements de 1994", a commenté dans un communiqué la ministre des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo. "Il est clair pour tous désormais que l'attentat contre l'avion était un coup d'Etat mené par des extrémistes hutu et leurs conseillers", a-t-elle estimé.

"Avec cette vérité scientifique, les juges Trévidic et Poux ont fermé brutalement la porte à 17 ans de campagne de négation du génocide (...)", selon elle.

Un autre communiqué officiel du gouvernement rwandais a loué "une enquête de grande qualité, dirigée par des magistrats français aux compétences exemplaires, et menée par des experts indépendants de niveau international".Interrogé au téléphone par l'AFP, le ministre de la Justice Tharcisse Karugarama a dit "espérer que cette expertise va mettre fin à ces manipulations et rétablir l'honneur et la dignité de nos officiers injustement salis par le juge Bruguière".

"Tirs de missile du camp de Kanombe"

Le rapport d'expertise français "confirme l'hypothèse d'un départ de tirs de missiles depuis le camp de Kanombe", importante base des FAR (armée du régime hutu de l'époque), jouxtant l'aéroport, selon l'un des avocats des proches du président Kagame actuellement inculpés.

Le soir du 6 avril 1994, un Falcon 50 transportant le président hutu rwandais Juvenal Habyarimana et son homologue burundais Cyprien Ntaryamira est abattu en phase d'atterrissage à Kigali par des missiles sol-air. Cet attentat est considéré comme le signal déclencheur du génocide, qui a fait au moins 800.000 morts, essentiellement parmi de la minorité tutsi.