Rwanda, des élections pour la formalité

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Rwanda, des élections pour la formalité
@ REUTERS
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Paul Kagame est en route pour une réélection écrasante, sans aucune concurrence.

Les Rwandais étaient appelés lundi à élire leur nouveau président de la République. Quatre candidats sont en course pour prendre les rennes du pouvoir, après une campagne qui s’est déroulée sans incident, et pour cause : le chef de l'Etat sortant Paul Kagame est donné grandissime favori, faute de véritable opposition.

Mardi, le pays se préparait déjà à entériner la réélection de Paul Kagame, les premiers résultats partiels promettant une victoire écrasante avec plus de 92% des voix. Toute la nuit, des dizaines de milliers de ses partisans ont fêté l'élection au grand stade de football Amahoro de Kigali, au son des chants du parti et des tubes diffusés par les DJ.

Pour cette deuxième présidentielle depuis le génocide de 1994, le "chairman" du Front patriotique rwandais (FPR) fait face à trois candidats l'ayant soutenu en 2003. Le parti de Paul Kagame, issu de l'ex-rébellion tutsi, contrôle tous les échelons de la vie politique depuis 1994. En 2003, il avait déjà remporté les dernières élections avec un score sans appel : 95% des suffrages.

L’opposition dénonce une "farce électorale"

En face, la concurrence ne fait pas le poids. Trois partis récemment apparus, dont deux non reconnus par les autorités, ont été de facto exclus du scrutin. Ces derniers ont dénoncé une "farce électorale" et qualifié en substance les trois rivaux de Paul Kagame de candidats fantoches.

Interrogés samedi soir sur Radio Rwanda, deux d'entre eux ont clamé haut et fort leur indépendance et justifié la similitude de leurs programmes avec ceux du FPR au nom d'une démocratie apaisée.

Succès économique, interrogation démocratique

Fort du soutien de la communauté internationale, Paul Kagame a su mettre en œuvre une politique volontariste de développement économique, axée sur les services et les nouvelles technologies, ainsi que la modernisation de l'agriculture. Il promet donc de prolonger son action grâce à une "politique pour tous les Rwandais", au-delà des clivages ethniques.

Néanmoins, opposants et critiques du régime dénoncent une réussite en trompe-l'œil, dissimulant un régime répressif et ultra-autoritaire. Des organisations telles que Human Rights Watch déplorent régulièrement "la répression persistante des droits civils et politiques" et s’interrogent sur les disparitions inexpliquées de plusieurs militants et journalistes.