Russie : un opposant emprisonné dénonce des tortures

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Russie : un opposant emprisonné dénonce des tortures
Ildar Dadine dénonce dans une lettre les mauvais traitements dont il est victime. (Image d'illustration) @ FRANCOIS NASCIMBENI / AFP
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Ildar Dadine dénonce dans une lettre des passages à tabac permanents, des tortures, des humiliations et des insultes. Des fait régulièrement dénoncés par les ONG. 

Un militant de l'opposition russe, condamné à trois ans de camp pour des manifestations non autorisées, a affirmé mardi être régulièrement torturé et passé à tabac par ses surveillants, dénonçant des conditions de détention "insupportables".

"Tortures et humiliations". "Passages à tabac permanents, tortures, humiliations, insultes et conditions de détention insupportables, tout cela arrive non seulement à moi, mais aussi aux autres détenus", affirme Ildar Dadine, 34 ans, dans une lettre à sa femme, Anastassia Zotova, publiée par le site d'information indépendant en russe Meduza, basé en Lettonie. En décembre 2015, Ildar Dadine a été le premier opposant à être condamné en Russie pour "violations à répétition des règles concernant l'organisation d'une manifestation", un délit introduit dans le Code pénal à l'été 2014 et passible de peines allant d'une forte amende à cinq ans de détention.

Condamné pour des manifestations. En 2014, Ildar Dadine avait été arrêté à quatre reprises et condamné à une amende pour avoir participé à une action non autorisée sur la voie publique : à deux reprises, il était seul et portait une pancarte en soutien à d'autres opposants emprisonnés et à deux autres reprises, il était accompagné d'une dizaine de personnes. Conformément à la nouvelle loi, très critiquée par les défenseurs des Droits de l'homme, toute personne ayant fait l'objet de poursuites administratives pour violation de la législation sur les manifestations plus de deux fois en six mois risque des poursuites criminelles.

Des menaces de viol. Transféré en septembre dans la colonie pénitentiaire IK-7, dans la région de Petrozavodsk, dans le nord-ouest du pays, Ildar Dadine raconte avoir aussitôt été placé au cachot, "une pratique courante" dans cet établissement, selon lui, "pour que les nouveaux-venus comprennent tout de suite dans quel enfer ils se trouvent". Dans le cachot, "il y avait entre dix et douze personnes qui me tabassaient en même temps, notamment avec les pieds", dit Ildar Dadine dans cette lettre dictée à son avocat, en précisant avoir également été menacé de meurtre et de viol. "Je n'ai pas peur de la mort, ce que je crains le plus, c'est de ne pas supporter les tortures et de jeter l'éponge", souligne le militant.

La plus grande attention du Kremlin. Contactée par l'AFP, l'administration de la colonie pénitentiaire IK-7 n'était pas joignable dans l'immédiat. Les violences et mauvais traitements de la part des surveillants dans les camps et prisons en Russie sont régulièrement dénoncés par les familles des prisonniers et des ONG spécialisées dans la surveillance des lieux de détention. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a estimé que cette affaire "méritait la plus grande attention" du Service fédéral de l'application des peines et assuré à la presse que le président Vladimir Poutine serait tenu informé.