Russie : "on ne peut pas exclure le risque d'autres attentats"

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Russie : "on ne peut pas exclure le risque d'autres attentats"
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LE POINT DE VUE DE - Cécile Vaissié, spécialiste de la Russie, décrypte les risques d'attaques à six semaines des JO de Sotchi.

L'INFO. A moins de six semaines de l'ouverture des JO de Sotchi, la fête semble déjà gâchée. Deux attentats meurtriers ont endeuillé dimanche et lundi la ville de Volgograd, au sud-ouest de la Russie, et renforcé les craintes sur la sécurité des Jeux olympiques qui se tiendront en février à Sotchi, en plein Caucase russe. Cécile Vaissié, professeur d'études russes et soviétiques à l'Université de Rennes 2, décrypte au micro d'Europe 1 les enjeux de sécurité de ces JO si chers au président russe Vladimir Poutine.

Une région en "guerre civile". Dans le Caucase du nord, la rébellion islamiste avait appelé en juillet à des attaques pour empêcher "par tous les moyens" le déroulement des JO. Mais les attentats de Volgograd, qui ont touché la gare centrale dimanche et un trolley-bus lundi matin, n'ont pas été revendiqués, rappelle la spécialiste de la Russie, appelant à être "très mesuré". "C'est le troisième attentat à Volgograd, et vendredi, il y a en a eu un autre à Piatigorsk", au sud de l'ancienne Stalingrad. "Tout le monde s'y attendait : au moment où on a donné les Jeux olympiques, on savait qu'ils arrivaient dans une région absolument instable et déchirée", souligne Cécile Vaissié, qui n'hésite pas à parler de "guerre civile". Car la zone est une "poudrière", avec, au sud de Sotchi, la Géorgie, théâtre d'une guerre en 2008, et à l'est la Tchétchénie et le Daguestan, "qui est aussi en guerre".

Cécile Vaissié décrypte les enjeux de sécurité des JO de Sotchi :



"Cette région est une poudrière"par Europe1fr

Une question d'"affirmation du territoire". Pourquoi avoir choisi une région aussi instable pour accueillir des JO ? Pour Vladimir Poutine, c'est une question d'"affirmation du territoire", estime Cécile Vaissié. "Sauf que [le président russe] ne maîtrise pas tout son territoire, et c'est ce que ces actes terroristes sont en train de montrer". Mais le choix de Sotchi a aussi été motivé par "des intérêts très économiques", car "il y a une industrie du tourisme à développer à Sotchi pour en faire une sorte de 'Côte d'Azur'". Une chose est sûre : "Vladimir Poutine tient énormément à ces Jeux, pour lui, c'est un enjeu", vis-à-vis de l'extérieur, pour dire "regardez ce que nous sommes capables de faire", et de l'intérieur : "regardez notre puissance retrouvée". "Un enjeu à mon sens déjà complètement raté", puisque "quand on parle des Jeux, on parle de la corruption énorme, du désastre écologique et maintenant des attentats", assène Cécile Vaissié.

40.000 représentants des forces de l'ordre. Inquiètes, les autorités russes tentent de faire de Sotchi un bunker protégé des terroristes. "On dit que 40.000 représentants des forces de l'ordre vont bloquer la ville", souligne la chercheuse, notant que "même les Russes ont les pires difficultés pour rentrer dans Sotchi actuellement". Internet, communications, déplacements : "tout est sous contrôle". Malgré tout, "on ne peut pas exclure le risque et la possibilité d'autres attentats, soit à Sotchi même, soit, et c'est ce que je crains, dans d'autres endroits, y compris jusqu'à Moscou", affirme Cécile Vaissié. Car "Sotchi va être complètement bouclée, mais toute la Russie ne l'est pas".

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