Russie : l'opposition entre en résistance

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Russie : l'opposition entre en résistance
@ REUTERS
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Des manifestations sont prévues lundi à Moscou pour protester contre la réélection de Poutine.

La contestation ne s'arrêtera pas là. Malgré la victoire dans un fauteuil de Vladimir Poutine à l'élection présidentielle dimanche, l'opposition russe a d'ores et déjà annoncé qu'elle poursuivrait la protestation contre le pouvoir de l'homme fort de Moscou.

"Rien d'inattendu ne s'est produit. Chacun comprenait que Poutine s'organiserait une victoire au premier tour et se déclarerait président", a souligné Alexeï Navalny, un des leaders de la coalition d'opposition à l'antenne de la radio Echo de Moscou. "La protestation pacifique va se poursuivre (...), je suis sûr qu'elle aboutira dans un avenir plus ou moins proche à la chute du régime de Poutine tel que nous le connaissons", a-t-il ajouté.

Dans le même temps, plusieurs autres figures d'opposition, dont Sergueï Oudaltsov (Front de gauche) et Ilia Iachine (libéral) ont indiqué à Echo de Moscou avoir été convoqués par la police lundi. La raison ? La manifestation prévue lundi. Comme Alexeï NavalnyIls, ils ont indiqué ne pas avoir l'intention de se rendre à cette convocation "illégale".

L'appel à des élections libres

L'ex-Premier ministre Mikhaïl Kassianov, co-président de Parnas, a lui aussi appelé l'opposition à "continuer d'exiger du pouvoir de respecter la constitution" et des "élections libres" lors des rassemblements prévus lundi soir dans le centre de la capitale.

Élu avec près de 64% des voix dès le premier tour, la réélection de Vladimir Poutine est entachée de soupçons de fraude. Dès la parution des premiers résultats dimanche soir, les organisations de surveillance électorale comme l'association Golos et la Ligue des électeurs ainsi que des médias indépendants ont affirmé avoir recensé quantité de fraudes.

Plus de 5.758 cas ont été comptabilisés par le site control2012.ru, mis en place pour comptabiliser les infractions constatées par la Ligue des électeurs. Ce recensement évoque notamment 131 cas de bourrage d'urnes et 327 cas de "transport massif d'électeurs", une technique qui permet à un groupe de voter plusieurs fois dans différents bureaux grâce à des autorisations frauduleuses.