Rupture de la coopération entre l'OTAN et la Russie

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Rupture de la coopération entre l'OTAN et la Russie
Des soldats russes en Crimée@ REUTERS
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L'organisation atlantique a mis fin à ses coopérations civile et militaire avec la Russie, tout en maintenant un dialogue politique.

L'INFO.Pas question de continuer à travailler ensemble dans ce contexte. L'OTAN a suspendu mardi sa coopération civile et militaire avec la Russie, en riposte à son intervention en Ukraine. Le but n'étant pas de rompre tout dialogue avec Moscou, les discussions politiques sont maintenues entre les deux anciens ennemis.

Le travail commun en Afghanistan maintenu. Le secrétaire général de l'OTAN Anders Fogh Rasmussen n'a pas précisé quels seraient les programmes de coopération touchés, mais a souligné que ceux liés à l'Afghanistan ou à la lutte contre le trafic de drogue ne seraient pas concernés. "Je pense que les projets de coopération liés à l'Afghanistan, sur les routes de transit ou les hélicoptères, devraient se poursuivre car nous avons un intérêt commun à assurer le succès de notre mission en Afghanistan", a-t-il dit.

L'Otan et la Russie collaborent aussi, avec des pays tiers, à la lutte contre la piraterie dans l'océan Indien, et à des programmes contre le terrorisme. Réunis autour de l'Américain John Kerry, les chefs de la diplomatie ont voulu se montrer fermes, sans pour autant "mettre de l'huile sur le feu", car il "ne faut pas fournir de prétexte à la Russie pour relancer l'escalade", a résumé un diplomate.

L'Europe de l'Est veut être rassurée. L'Otan cherche également à rassurer les pays de l'Est, Etats baltes et Pologne en tête, qui réclament une plus grande implantation des Alliés, certains plaidant même en faveur de bases permanentes. "Nous nous féliciterions d'une présence plus forte de l'Otan", a déclaré le ministre polonais, Radek Sikorski. Pour le moment, les grands pays d'Europe de l'Ouest préfèrent s'en tenir aux mesures prises ces dernières semaines, à savoir le déploiement temporaire d'avions-radars Awacs de l'Otan, et d'appareils F-15 et F-16 des Etats-Unis en Lituanie et en Pologne. "Ces moyens sont suffisants à l'heure actuelle", selon un responsable militaire.

"Nous n'avons pas besoin de troupes de l'Otan aux frontières avec la Russie", a estimé le chef de la diplomatie des Pays-Bas, Frank Timmermans.

Sur l'annonce du retrait de troupes russes, le secrétaire général de l'Alliance atlantique a indiqué que "malheureusement", il ne pouvait "pas confirmer". "Ce n'est pas ce que nous constatons". Les Etats-Unis avaient déjà accueilli lundi avec prudence les affirmations du ministère russe de la Défense sur le retrait d'un bataillon de la zone frontalière avec l'Ukraine.

L'annonce d'un retrait partiel serait considéré par les Occidentaux comme un premier signe de désescalade, après des semaines de tensions.

Guerre gazière. La Russie continue par ailleurs à avoir recours à l'arme économique pour faire plier l'Ukraine. Le patron du géant russe Gazprom, Alexeï Miller, a annoncé mardi mettre fin au rabais accordé en décembre à Kiev en échange de son renoncement à un accord avec l'Union européenne, ce qui augmente le prix de plus d'un tiers, à 385,5 dollars les 1.000 mètres cubes.

Kiev est sous la menace d'une hausse encore plus forte : les autorités russes ont fait savoir qu'elles pourraient mettre fin à une autre ristourne de 100 dollars, accordée en 2010 dans le cadre d'un accord sur la prolongation du bail de la Flotte de la mer Noire basée à Sébastopol. Cela ferait passer le gaz russe à environ 480 dollars les 1.000 mètres cubes, l'un des tarifs les plus élevés appliqués aux pays européens, alors que l'Ukraine est en grande difficulté économique.

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