Royaume-Uni : Theresa May donne le coup d'envoi du Brexit

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Royaume-Uni : Theresa May donne le coup d'envoi du Brexit
La lettre signée par Theresa May sera remise en main propre à Donald Tusk par le représentant permanent de la Grande-Bretagne auprès de l'UE@ CHRISTOPHER FURLONG / POOL / AFP
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Par une lettre adressée au président du Conseil européen, la Première ministre britannique lance les négociations pour sortir le Royaume-Uni de l'Union européenne.

La Première ministre britannique, Theresa May, déclenche mercredi la procédure de divorce avec l'Union européenne. Le Royaume-Uni va s'engager dans deux années de négociations susceptibles de mettre à l'épreuve le bloc européen.

Deux ans de négociations. Neuf mois après le vote des Britanniques, Theresa May va officialiser la sortie de l'Union européenne, rejointe en 1973 par le Royaume-Uni, dans une lettre adressée au président du Conseil européen, Donald Tusk. La Première ministre, à l'origine favorable au maintien dans le bloc, disposera de deux ans à compter de mercredi pour parvenir à un accord sur les termes de la séparation, soit d'ici fin mars 2019.

"Maintenant que la décision de quitter l'UE a été prise, il est temps de se rassembler", devrait-t-elle déclarer mercredi devant les députés britanniques, selon des extraits de discours publiés par son cabinet. "Quand je serai assise à la table des négociations dans les mois à venir, je représenterai toutes les personnes du Royaume-Uni tout entier", dira-t-elle selon ces extraits.

Des questions complexes à traiter. À la veille du Brexit, la Première ministre doit travailler sur deux fronts : assurer l'unité du royaume face aux demandes d'indépendance renouvelées de l'Écosse tout en menant avec les 27 des discussions complexes sur tout l'éventail des sujets européens, allant de la finance au commerce en passant par la sécurité et l'agriculture. Les dirigeants européens assurent qu'ils ne souhaitent pas punir Londres. Mais sur fond de recrudescence des mouvements nationalistes, ils peuvent difficilement accorder au Royaume-Uni des termes généreux, de crainte de voir d'autres pays lui emboîter le pas.

Un agenda millimétré. Selon des responsables européens, la lettre adressée par Theresa May à Donald Tusk cherchera à lancer les négociations sur une note positive tout en récapitulant les douze objectifs de divorce énoncés le 17 janvier par la Première ministre. Dans les 48 heures suivant sa réception, Donald Tusk enverra aux 27 États membres de l'UE un projet de directives pour les négociations. Des ambassadeurs des 27 se réuniront ensuite à
Bruxelles pour discuter de ces lignes directrices.

D'âpres négociations en perspective. Theresa May a déclaré qu'elle chercherait à obtenir un partenariat équitable avec l'UE mais elle a aussi spécifié que le Royaume-Uni se retirerait du marché unique et de ses 500 millions de consommateurs. Dans les douze objectifs fixés par Theresa May figurent la fin de la compétence de la Cour européenne de justice sur le Royaume-Uni, la sortie de l'Union douanière - qui fixe pour les États membres les taxes à l'importation - et la maîtrise de l'immigration en provenance d'Europe - qui heurte de front le principe européen de la liberté de circulation des personnes.

Contenir les divisions internes. Au niveau intérieur, Theresa May s'efforce de contenir les divisions apparues lors du vote du 23 juin dernier sur la sortie de l'Union européenne, qui menacent de fragmenter le pays. L'Angleterre et le Pays de Galles ont voté en majorité pour le Brexit, tandis que l'Écosse et l'Irlande du Nord se sont prononcés contre. Le Parlement écossais a autorisé mardi la Première ministre écossaise à organiser un nouveau référendum sur l'indépendance, entre l'automne 2018 et le printemps 2019, une fois les conditions du Brexit connues. Londres a exclu une consultation à une telle date.

En Irlande du Nord, les nationalistes du Sinn Féin ont réclamé un scrutin portant sur une réunification de l'Irlande. "La tâche de May est tellement ardue - maintenir le Royaume-Uni tout en sortant de l'Union - que je ne pense pas que beaucoup voudraient être à sa place", note un diplomate non-européen.