Rio-Paris : les phases de recherche

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Rio-Paris : les phases de recherche
Une quatrième phase de recherche a permis de localiser une partie de l'épave de l'appareil.@ MAXPPP
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Quatre grandes phases de recherche ont eu depuis le crash du vol AF 447 le 1er juin 2009.

Le 1er juin 2009, le vol AF 447 s’abîme en mer au large des côtes brésiliennes avec 228 personnes à son bord. Le Bureau d’études et d’analyses (BEA) est alors chargé de mener les opérations de recherche pour tenter de localiser l’épave de l’airbus A 330 et de retrouver les précieuses boîtes noires de l’appareil.

L'histoire du vol Rio-Paris en un coup d'oeil :



PHASE 1 - Du 4 juin au 10 juillet 2009

Quelques jours après le crash du vol AF 447, une première phase de recherche est lancée. Deux bâtiments et un sous-marin de la Marine nationale français sont déployés sur la zone du crash. Le 6 juin, la marine brésilienne retrouve deux corps, plusieurs sièges et des parties de l'aile dans une zone située à 70km au nord-ouest de la position de l'avion lors de son dernier message. Le lendemain, trois autres corps sont retrouvés. Au terme de cette première phase, 50 corps sont repêchés.

La mission des bâtiments envoyés consiste également à localiser les enregistreurs de vol à partir des signaux émis par les balises qu’ils comportent. L’équipe de recherche utilise deux hydrophones, des appareils qui permettent de transformer des oscillations acoustiques en oscillations électriques. Mais les balises cessent d’émettre et ne sont finalement pas localisées.

Quelques jours après la première phase de recherche, fin juillet 2009, le BEA fait le point sur l’avancée de l’enquête et en conclut que l’avion ne s’est pas disloqué en plein vol sans pour autant apporter d’explications sur les causes du crash.

"L’avion a heurté la surface de l’eau avec une forte accélération verticale", explique Alain Bouillard, responsable de l’enquête :

PHASE 2 - Du 27 juillet au 17 août 2009

Fin juillet, une deuxième campagne de recherche est lancée. L’objectif de cette deuxième phase est de localiser l’épave du l'Airbus A330-203 d'Air France. Pour cela, les équipes utilisent un Système Acoustique Remorqué (SAR) et des engins sous-marins Victor 6000 et Nautile.

Mais cette nouvelle étape a surtout pour but de préparer la troisième phase de recherche en délimitant une zone de recherche sous-marines, en affinant la modélisation des courant dans cette zone et en estimant la dérive des corps et des débris. Enfin, l’équipe doit, à partir de ses conclusions, estimer quels seront les moyens techniques nécessaires pour récupérer les débris. Après les recherches sur zone, les travaux préparatoires se poursuivent en laboratoire et s’achèvent en janvier 2010 en vue de la phase 3.

Les recherches se concentrent sur une zone réduite, mais le matériel n'est pas suffisant :

La phase 2 des recherches de l'épave de l'AF 447

© EUROPE 1

PHASE 3 - Du 2 avril au 24 mai 2010

Grâce aux travaux effectués au cours de la phase 2, les enquêteurs ont pu établir une zone de recherche dont la surface est sensiblement réduite : elle passe de près de 17 000 km2 à environ 2.000 km2. Cette zone est située à environ 1.100 km des côtes du Brésil sur la dorsale atlantique au relief sous-marin très accidenté qui présente des variations de profondeurs allant de 700 à 4.600 mètres environ. Le BEA affrète deux navires, l’américain "Anne Candies" équipé d’un sonar et le norvégien "Seabed Worker" équipé de trois véhicules sous-marins autonomes (AUV).

Les navires quittent le port de Recife au Brésil le 29 mars et la première période des opérations de recherche en mer se déroulent du 2 au 25 avril 2010. Au terme de cette première étape, une surface d'environ 4 500 km2 a été explorée, en vain. L’épave demeure introuvable. Une deuxième période de recherche s’ouvre du 3 au 24 mai 2010. Le "Seabed Worker" se rend dans une région située au sud-ouest de la dernière position connue de l'avion, mais les recherches ne donnent toujours rien. Au terme de cette deuxième période, près de 1.800 km² sont explorés et à la fin de la phase 3 de recherche, ce sont près de 6 300 km2 qui sont sillonnés.

PHASE 4 - Depuis le 22 mars 2011

Le navire "Alucia" quitte le port de Suape au Brésil le 22 mars et arrive deux jours plus tard sur zone pour effectuer de nouvelles recherches. Le 3 avril, le BEA révèle que des éléments de l’avion ont été localisés par l’équipe du navire et identifiés par le bureau d’enquêtes comme appartenant à l'avion A330-203, vol AF 447. Il s'agit d'une partie de l'habitacle de l'appareil, qui renferme des corps identifiables.

A plusieurs milliers de mètres de profondeur, les enquêteurs repêchent le 1er mai la première boîte noire, dite Flight Data Recorder (FDR), l'enregistreur de paramètres du vol, et récupèrent dans la foulée, 24h plus tard, la deuxième boîte noire, le Cockpit Voice Recorder (CVR), qui contient l'environnement acoustique du poste de pilotage. Les deux enregistreurs sont apparemment en bon état et devraient pouvoir être exploités. Il y a désormais un bon espoir de déterminer les causes de la catastrophe.

Un premier corps a été repêché le 5 mai. La dépouille était "toujours attachée" à son siège et dans un état "dégradé", a indiqué la gendarmerie, selon laquelle de "fortes incertitudes subsistent" sur la possibilité de pouvoir identifier les corps des victimes de la catastrophe aérienne, survenue au large du Brésil le 1er juin 2009, qui sont immergés depuis près de deux ans.

Selon les premières analyses des boîtes noires, Airbus serait mis hors de cause. Le BEA aurait découvert que l'avion A330 était finalement bien conforme aux normes de sécurité. Et ce, alors que le constructeur européen avait dû changer toutes les sondes Pitot de ses appareils. Elles avaient étéaccusées d’avoir provoqué l’accident.