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L'eurodéputé travailliste était un ami de Jo Cox. Il dresse son portrait dans la Matinale d'Europe 1. 
INTERVIEW

Jo Cox, députée travailliste britannique, a été tuée jeudi après avoir reçu plusieurs balles à la sortie de sa permanence de Bristball. La mère de deux enfants, âgée de 41 ans, faisait campagne dans le camp du "Stronger In", visant à convaincre les électeurs de choisir de rester au sein de l'Union européenne, à quelques jours du référendum sur le Brexit. Richard Corbett, eurodéputé travailliste britannique et ami de Jo Cox, a réagi à son décès, vendredi dans la matinale d'Europe 1.

"Une tragédie". "C'était une jeune femme très motivée et très gentille en même temps", évoque le député pro-européen. "Elle est entrée en politique après avoir longtemps travaillé pour Oxfam, qui lutte contre la famine dans le monde", raconte Richard Corbett. "C'est vraiment une tragédie", s'émeut-il. Pour Richard Corbett, Jo Cox était une femme de conviction : "Elle voulait améliorer le monde, c'était son ambition. Elle travaillait surtout sur des questions de développement, et notamment le développement du tiers-monde, mais aussi pour la justice sociale en Angleterre".

Un contexte tendu. L'eurodéputé a témoigné par ailleurs du contexte particulièrement tendu de la campagne pour le référendum qui interrogera les Britanniques sur leur volonté de quitter ou non l'Union européenne le 23 juin prochain : "Il y a des agressions verbales assez fortes, surtout de ceux qui veulent quitter l'Union européenne, dont certains sont vraiment des extrémistes". Et de supposer un lien entre ce contexte difficile et la mort de Jo Cox : "Un témoin sur place a dit que le tueur a crié "Brittany first", "La Grande-Bretagne d'abord". Il est donc possible de lier cela au référendum mais ce n'est pas certain". 

Un vote modifié ? Pour l'eurodéputé, il est "possible" que la mort de Jo Cox ait une conséquence sur le résultat du référendum. "S'il est prouvé que le tueur voulait la sortie de la Grande-Bretagne de l'Union européenne, c'est possible que ça crée une réaction pro-européenne, mais c'est un peu spéculatif en ce moment", a conclu le politique.