Barack Obama et Raul Castro, une rencontre pour la postérité

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Barack Obama et Raul Castro, une rencontre pour la postérité
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Les présidents américain et cubain se retrouvent vendredi au Panama, pour un sommet continental historique, après 53 ans de rupture entre leurs deux pays.

Le rapprochement entre Cuba et les États-Unis devient une réalité. Vendredi, les présidents Raul Castro et Barack Obama échangeront une poignée de main historique. Les  deux hommes se retrouveront au Panama, à l’occasion du sommet des Amériques, afin de sceller le rapprochement entre les deux pays annoncé par surprise en décembre dernier. Après 53 ans de rupture totale, Cuba et les États-Unis marchent vers le chemin de la normalisation.  "Mais ce processus est assez lent, selon les mots mêmes de Barack Obama et de Raul Castro", analyse Christophe Ventura, chercheur à l'Institut de Relations Internationales et Stratégique (IRIS), invité vendredi matin sur Europe 1.

Obama et Castro s'étaient déjà salués en 2013, en Afrique du Sud.

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>> Pourquoi cette rencontre est-elle historique ?

Vendredi, les présidents Obama et Raul Castro se serreront la main au Panama, pour un face à face sans précédent entre chefs d’État des deux pays depuis 1956. Mais cette poignée de main n’est pas une première depuis la rupture des relations cubano-américaines en 1961. Les deux hommes s'étaient déjà salués le 15 décembre 2013, en Afrique du Sud, aux obsèques de Nelson Mandela. 

Dans la nuit de jeudi à vendredi, une première rencontre avait déjà créé l’évènement. Le secrétaire d’état américain John Kerry et son homologue cubain Bruno Rodriguez se sont entretenus jeudi soir au Panama. Le Département d’État a ainsi diffusé une photo de la poignée de mains entre les deux hommes avant leur rencontre, la première entre responsables cubain et américain d'un tel niveau depuis 1958.

>> Que faut-il attendre de ce sommet ?

"Il n’y aura pas d’avancée fondamentale au Panama, mais les symboles ont parfois autant de force que les annonces", analyse notre spécialiste des questions internationales, Henri Guirchoun. S’il ne faut pas s’attendre à de spectaculaires annonces, la présence des deux chefs d’État sera déjà en soi historique. Après l'ouverture officielle du sommet dans la soirée, Raul Castro et Barack Obama doivent participer à un dîner de chefs d’État dans la vieille ville de Panama. Une image que personne n’aurait imaginé voir il y a encore quelques mois.

En marge de la rencontre des chefs d’État, le processus de normalisation des relations diplomatiques entre les deux pays se poursuit. "Les négociations vont peut être plus lentes que l’espérait la Maison Blanche, où l’on imaginait qu’il serait possible d’aboutir à un accord, notamment sur l’ouverture des ambassades, avant le début du sommet. Mais pour cela, il faudra visiblement encore du temps", analyse Henri Guirchoun.

>> Où en sont les négociations entre les deux pays ?

En effet, de nombreux points restent à régler avant d’aboutir à une réelle normalisation.  Jeudi soir, le Département d’État aurait toutefois entamé les démarches pour la levée d'un premier obstacle : la présence de Cuba dans la liste américaine des pays soutenant le terrorisme. Le retrait du pays de cette liste est la principale condition posée par le régime castriste à la réouverture d'ambassades dans les deux États, même si Barack Obama a prévenu que cela "prendrait du temps".

Raul Castro a lui prévenu fin janvier que la normalisation "ne sera pas possible" tant que sera maintenu l'embargo en vigueur depuis 1962 contre l'île communiste, qui demande inlassablement sa levée. Par ailleurs, demeurent les épineux dossiers de la base navale américaine de Guantanamo, occupée par les troupes américaines depuis 1903, et celui des compensations mutuelles demandées par les deux pays pour les dégâts de l'embargo et la nationalisation de biens américains après la révolution castriste. "La véritable réconciliation prendra des années", conclut Henri Guirchoun.

Regardez l’interview de Christophe Ventura, chercheur à l’IRIS :



"L'arrivée de Cuba dans ce sommet est un point...par Europe1fr

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