Rencontre avec Kim Jong un : Trump, ou "la politique du coup de tête"

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La décision de Donald Trump de rencontrer Kim Jong un a surpris tout le monde, y compris son équipe rapprochée qu'il n'a pas consultée. 

INTERVIEW

C’est une annonce pour le moins inattendue qu’a faite jeudi une délégation sud-coréenne à Washington : Donald Trump a accepté de rencontrer le leader nord-coréen Kim Jong un. D’après le correspondant d’Europe 1 à New York, cette annonce a pris de court tous les Américains. "Tout le monde a été surpris, y compris au plus haut sommet de l’Etat. La veille, le secrétaire d’Etat Rex Tillerson affirmait qu’on était encore loin des négociations avec la Corée du Nord...", explique Xavier Yvon, dans Europe Soir.

Une surprise au plus haut sommet de l’Etat. "Surprise, choc, rebondissement… et surtout scepticisme. Car même si cette rencontre souligne une avancée, on rappelle que tous les présidents américains ont refusé de rencontrer un dirigeant nord-coréen avant de voir des négociations aboutir. Là, Trump fait tout l’inverse", complète Xavier Yvon en parlant d’une "politique du coup de tête". Alors que de premières négociations n’avaient pas abouties, le "deal-maker" Trump a donc choisi de parler directement au seul qui peut faire bouger les choses, Kim Jong un. "La Maison-Blanche précise que cette rencontre n’est pas synonyme de négociations : 'on accepte de se rencontrer et on verra après'", précise Xavier Yvon.

"Il décide seul"... Cette annonce a été d’autant plus une surprise que Donald Trump n’a consulté personne de son équipe rapprochée pour prendre une décision. "Il décide tout seul, il n’écoute personne (…) Jeudi, Donald Trump ne devait pas rencontrer la délégation sud-coréenne à Washington qui apportait l’invitation du dirigeant nord-coréen et a décidé au dernier moment de la voir. Aussitôt l’invitation annoncée, Trump l’a acceptée, sans consulter personne. Il décide seul, il se fit à son instinct", analyse sur Europe 1 Corentin Sellin, professeur spécialiste des Etats-Unis. Et si le président américain décide seul, c’est qu’il n’est plus entouré d’experts du dossier nord-coréen, complète Corentin Sellin : "Le meilleur spécialiste de l’administration sur la Corée du Nord a démissionné le mois dernier. On note au Département d’Etat la faiblesse du nombre d’experts capables de négocier avec les Nord-Coréens."

...Mais "il fait ce qu’il dit". Toutefois, en dépit de cette politique "coup de tête" de Donald Trump, le président américain s’était déjà montré ouvert à une rencontre avec son homologue nord-coréen, comme le rappelle Bruno Tertrais, directeur adjoint de la Fondation pour la Recherche Stratégique. "Trump fait ce qu’il dit et dit ce qu’il fait. Il avait déjà parlé de tout ça, comme pour l’ambassade américaine à Jérusalem ou les taxes sur l’acier… Cette rencontre n’est pas une surprise totale car, lors de la campagne présidentielle, il s'était dit prêt à 'aller manger un hamburger' avec Kim Jong un", explique Bruno Tertrais. Ce dernier concède toutefois que Trump agit "à l’instinct", tant le Département d’Etat a été "éviscéré". "Mais on ne peut pas dire qu’il n’essaye pas de faire bouger les choses", en conclut-t-il.