Rejet du référendum en Italie : la victoire d'une "résistance au changement"

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Sandro Gozi, secrétaire d'État italien en charge des Affaires européennes, invité sur Europe 1 lundi, a commenté la large victoire du non au référendum en Italie, qui signe la fin du gouvernement de Matteo Renzi.

INTERVIEW

"C'est la victoire du conservatisme et du statu quo". Lundi matin, sur Europe 1, Sandro Gozi, secrétaire d'État italien en charge des Affaires européennes, est revenu sur le rejet massif de la réforme constitutionnelle porté par le Premier ministre italien, Matteo Renzi. "C'est une victoire de la démocratie, car il y a eu une participation au vote énorme. Avec une victoire nette du non. Maintenant, c'est à la coalition du non, une coalition très hétéroclite, de faire des propositions pour une alternative de gouvernement", a commenté le ministre de Renzi.

Personnalisation du référendum. Sandro Gozi se refuse toutefois à parler "d'erreur politique". "Peut-être a-t-il trop personnalisé le référendum, mais on sait bien qu'un tel vote se fait sur la question et sur celui qui la pose. J'éviterai de lui faire un procès de l’après sur la question de la personnalisation", assure-t-il.

Immobilisme. Selon lui, c'est la résistance au changement des Italiens qui vient d'être démontrée :"En 1.000 jours, on a fait des reformes de façon intensive que l'Italie n'avait jamais faite en vingt ans. Il est clair que les différents résistants au changement se sont mobilisés pour nous garder dans l'immobilisme".

Démission. Dans la foulée des résultats, Matteo Renzi a annoncé son intention de démissionner. "Il semblait très clair hier. Non sommes différents des populistes et des éléphants de la première République. Quand on perd en politique, on assume, on prend acte qu'une proposition est rejetée par le peuple et on démissionne", assure Sandro Gozi.

"Une mauvaise nouvelle". La période s'annonce incertaine pour l'Italie et pour l'Europe. "C'est sans doute une mauvaise nouvelle vu que nous étions très engagés pour pousser l'Europe pour sortir de sa crise. Je crois que l'Europe avait besoin de quelqu'un comme Matteo Renzi pour sa relance." Mais, selon lui, la crise financière n'est pas proche pour autant. "Je ne crois pas qu'il y aura un effondrement des banques, mais je crois qu'il faudra travailler pour faire une nouvelle loi électorale. C'est à la coalition du non de venir avec une proposition de loi électorale", ajoute Sandro Gozi. "J'espère qu'ils vont réussir. Je ne le crois pas. Plus que la question financière, c'est la question politique qui se pose en Italie".