Regain de tension entre Israël et la Syrie

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Regain de tension entre Israël et la Syrie
Israël a répliqué dimanche et lundi à des tirs d'obus de mortier syriens, une première depuis près de 40 ans.@ REUTERS
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3’CHRONO - L’État hébreu a répliqué deux fois en deux jours à des tirs venus du côté syrien.

Depuis près de 40 ans, Israël et la Syrie n’avaient pas connu d’affrontement notable. Ce calme relatif a été rompu dimanche, quand l’armée israélienne a riposté après la chute d’un obus de mortier syrien sur la partie du Golan occupée par l’État hébreu. La tension est encore montée d’un cran lundi, quand Tsahal a annoncé avoir répliqué à un nouveau tir d’obus de mortier, "faisant mouche à plusieurs reprises".

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11.11 Israel Golan

© MaxPPP

Une zone de tensions. Dimanche, l’obus de mortier syrien n'est pas tombé n'importe où. L’État hébreu, toujours officiellement en guerre avec la Syrie, a annexé une partie du Golan syrien en 1967, pendant la guerre des "Six Jours". Cette annexion n’a jamais été reconnue par la communauté internationale. Depuis un accord conclu en 1974 entre les deux pays, quelque 1.200 membres non armés des Nations unies patrouillent dans la zone de séparation entre les deux pays, large de 3 à 6 kilomètres.

Une (quasi) première depuis 40 ans. Les incidents survenus dimanche et lundi sont les premiers du genre dans cette zone depuis 1974. C’est en tout cas ce qu’a souligné sur sa page Facebook le porte-parole en chef de l’armée israélienne, Yoav Mordechaï. En septembre 2007, un raid aérien israélien avait toutefois visé un objectif en Syrie, un "bâtiment militaire non utilisé" selon Damas, un réacteur nucléaire selon les États-Unis. Le raid avait été reconnu implicitement par Israël, mais jamais officiellement revendiqué.

Alep, Syrie,

© REUTERS

L’épineuse origine des tirs. Pour Fabrice Balanche, géographe spécialiste du Moyen-Orient, c’est "LA question". "Il faudrait savoir l’origine exacte des tirs", explique-t-il à Europe1.fr. Ces obus de mortier peuvent en effet provenir des rebelles syriens ou de l’armée du régime. Dans cette dernière hypothèse, "c’est peut-être un message qu’envoie Bachar al-Assad à Israël : ‘si je saute, vous aurez des problèmes’". Une façon de rappeler aux Israéliens qu’il existe une menace de la part de "groupes islamistes" chez les rebelles et qu’Israël devrait "modérer les États-Unis afin que ceux-ci arrêtent de soutenir les groupes d’opposition".

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© Reuters

Une escalade en vue ? "Un nouveau tir vers le territoire israélien provoquera une réaction plus dure, dont la Syrie paiera le prix", a prévenu dimanche soir le ministre israélien de la Défense, Ehoud Barak. Fabrice Balanche estime toutefois que si "Israël va répliquer au coup par coup", une "offensive serait assez contre-productive". Les Israéliens risqueraient en effet de "déclencher une guérilla contre eux, de tous les côtés", explique le géographe, pour qui "c’est surtout à Gaza que ça se passe". Une nouvelle flambée de violences a en effet touché la frontière entre Israël et la bande de Gaza. Des préparatifs militaires sont en cours et à en croire un allié du Premier ministre Benjamin Netanyahou, "il ne fait aucun doute qu’une opération militaire n’est plus qu’une question de temps".