Référendum en Italie : "ce n'est bon ni pour le pays, ni pour l'Europe"

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Yves Bertoncini, directeur de l’Institut Jacques Delors, invité lundi sur Europe 1, s'est dit inquiet après la victoire du "non" au référendum sur la constitution en Italie.

INTERVIEW

La confusion règne en Italie après la victoire du "non", dimanche, au référendum et la démission de Matteo Renzi, le Premier ministre italien. "On peut être inquiet car c'est un pays décidément très difficile à gouverner", souligne Yves Bertoncini, directeur de l’Institut Jacques Delors, invité lundi sur Europe 1. "Plus de 60 gouvernements se succèdent depuis l'après-guerre. Et depuis Silvio Berlusconi, en 2011, cela va faire le cinquième chef de gouvernement".

Une "gouvernabilité limitée". Matteo Renzi prévoyait de réformer la constitution en modifiant la distribution des pouvoirs entre l'Assemblée et le Sénat, les régions et Rome. "Il avait pour but de rendre le pays un peu plus gouvernable en essayant de mettre en place une loi électorale un peu moins proportionnelle", précise le spécialiste des questions européennes. "Pour l'Italie, c'est une situation confuse avec une gouvernabilité qui est limitée. Ce n'est pas bon pour ce pays et ce n'est pas bon non plus pour l'Union européenne qui a besoin d'États membres forts", analyse-t-il.

Le système bancaire en question. Le risque est aussi de voir vaciller le système bancaire italien, bien que pour le moment les conséquences sont difficilement observables. "Les systèmes politique et bancaire vont être mis sous pression, sous examen car ils sont fragiles. Il va falloir surveiller sur le moyen-terme les réactions des marchés financiers", explique Yves Bertoncini qui nuance toutefois. "Pour faire face à d'éventuels problèmes, la banque centrale de l'Union européenne est beaucoup mieux équipée qu'il y a cinq ans. Il y a donc des outils qui pourraient être utilisés".