Référendum en Ecosse : "on sent le poids du destin"

  • A
  • A
Référendum en Ecosse : "on sent le poids du destin"
@ Capture d'écran Europe 1
Partagez sur :

INTERVIEW E1 - Les deux  politiques écossais invités jeudi au micro d’Europe 1 ont exposé leurs visions contradictoires du futur de l’Ecosse.

"Le poids du destin". L’avenir de l’Ecosse, qui se joue aujourd’hui dans les urnes à l’occasion du référendum sur sa possible indépendance, divise les citoyens et la classe politique. En témoignent Cameron Buchanan, député conservateur, et Christian Albuisson, parlementaire indépendantiste. Invités au micro d’Europe 1, ils ont opposé leurs vues sur le futur de l’Ecosse. Mais ils s’accordent sur un point, résumé par Christian Albuisson, Français installé à Édimbourg depuis 15 ans : "aujourd’hui, on sent le poids du destin".

>> Regardez aussi l'interview de Christian Albuisson



Christian Albuisson : "On sent le poids du destin"par Europe1fr

Le futur s’écrit dans les urnes. Pour cet Ardéchois acquis à la cause indépendantiste depuis de nombreuses années, ce scrutin est une récompense pour "les gens qui ont travaillé pour l’obtenir pendant des décennies". Cependant, il refuse de trop se retourner sur le passé : "on sent certainement le poids de l’histoire, mais c’est avant tout pour le futur, pour les jeunes que ce vote est important", professe-t-il.

>> LIRE AUSSI : Le référendum se joue aussi sur papier glacé

Dénonçant un sentiment de "frustration" latent chez les Écossais engendré par "la politique sociale de Westminster", il estime que l’Ecosse "doit" être indépendante car elle a "le pouvoir de vraiment améliorer la situation".

>> Et celle de Cameron Buchanan



Cameron Buchanan : "L’indépendance n’est pas...par Europe1fr

"L’indépendance peut être dangereuse." C’est justement là où le bât blesse pour son contradicteur Cameron Buchanan, partisan du "non" au référendum. Le parlementaire affirme au contraire qu’une indépendance totale du pays comporte "trop de risques". "Elle n’est pas nécessaire, et peut même être dangereuse si on arrête l’union monétaire alors qu’on est trop attachés à la Grande-Bretagne", argumente-t-il. Le député dénonce la formulation même de la question posée par le référendum, qui à son sens désavantage les partisans d’un statu quo : "c’est difficile de dire 'non', notre cause est définie par une réponse au sens négatif ". De plus, il aurait aimé plus de soutien de la part de David Cameron et de l’Angleterre : il a fallu attendre le dernier sondage pour que tout le monde se réveille en Angleterre.