RDC : le M23 déclare un cessez-le-feu

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RDC : le M23 déclare un cessez-le-feu
Le conflit au Nord-Kivu dure depuis un an.
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Repoussés par les forces gouvernementales, les rebelles veulent entrer dans des négociations de paix.

L'INFO. Le président des rebelles du M23 a ordonné dimanche à tous ses combattants de cesser immédiatement les hostilités avec l'armée congolaise. "Nous [...] ordonnons [...] la cessation immédiate des hostilités avec les Forces armées de la République démocratique du Congo" (FARDC) "pour permettre la poursuite du processus politique", a annoncé Bertrand Bisimwa en faisant référence aux négociations en cours à Kampala entre les deux belligérants.

M23 sous pression. Son ordre a été publié en début d'après-midi alors que l'artillerie et les chars des troupes gouvernementales pilonnaient depuis près de cinq heures des positions du dernier réduit rebelle : quelques collines à environ 2.000 d'altitude aux confins du Rwanda et de l'Ouganda.

Entre 200 et 300 combattants, selon des estimations, avec un stock de munitions important, sont retranchés sur ces hauteurs depuis que l'armée avait repris au M23 sa dernière place forte, la localité voisine de Bunagana.

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Cessez le feu respecté ? La question qui se posait en milieu d'après-midi était de savoir comment serait exécuté cet ordre par les commandants militaires du M23, dont certains sont loin de partager tous les choix de la branche politique du mouvement, et si les FARDC n'allaient pas tenter d'en profiter pour forcer leur avantage.

"Les combats continuent. En tout cas, pour nous déloger d'ici, ce sera difficile", avait déclaré le porte-parole militaire des rebelles, Vianney Kazarama quelques minutes avant que ne parvienne le communiqué de M. Bisimwa.

En milieu d'après midi, des combats avaient toujours lieu et s'étaient même plutôt intensifiés, selon une équipe de journalistes de l'AFP tout près de la zone des affrontements.

Un conflit d'un an. Né d'une mutinerie d'anciens rebelles, essentiellement tutsi, le M23 avait lancé ses opérations en 2012. Il a finalement été mis en déroute par l'offensive lancée le 25 mars par les FARDC, avec le soutien de la Mission des Nations unies pour la stabilisation de la RDC (Monusco), dont une équipe observait les combats à Ntamugenga.

Les rebelles semblaient avoir été lâchés par le Rwanda et l'Ouganda, les deux pays accusés par les Nations unies de les soutenir. Un sommet régional africain consacré à la situation au Congo doit s'ouvrir lundi à Pretoria, en Afrique du Sud.