Raphaël Glucksmann sur la Syrie : "Le pire crime contre l'humanité du 21ème siècle se déroule sous nos yeux"

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Raphaël Glucksmann sur la Syrie : "Le pire crime contre l'humanité du 21ème siècle se déroule sous nos yeux"
"L'Europe aujourd'hui est complètement absente" dans le conflit syrien.@ George OURFALIAN / AFP
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L'essayiste souhaite que l'Europe s'unisse et engage des sanctions financières contre la Russie de Vladimir Poutine, soutien clé du régime de Bachar el-Assad.

INTERVIEW

Alep se meurt. Le droit a échoué, la diplomatie s'enlise et l'humanitaire tente de trouver des solutions face aux armes. Raphaël Glucksmann, essayiste et documentariste, était l'invité samedi de l'émission C'est arrivé cette semaine. Il était de ceux qui ont manifesté ces derniers jours, indigné de ce qui devient une fatalité en Syrie. Et souhaite un réveil de l'Europe.

"Ne rien faire cautionne le massacre". "Ce qui est certain, c'est que ne rien faire cautionne le massacre", lance celui qui rappelle que l'on assiste via Facebook et Twitter au calvaire des victimes, heure après heure. "Chacun d'entre nous doit exprimer son indignation. Bien sûr que c'est une goutte d'eau mais des gouttes d'eau qui s'additionnent font une opinion publique. Il est important de demander à nos responsables politiques ce qu'ils font. Le pire crime contre l'humanité du 21ème siècle se déroule sous nos yeux."

Frapper la Russie "au portefeuilles". L'enjeu pour l'essayiste n'est pas de déclencher une guerre mais de "frapper au portefeuilles". "Le régime russe, sans lequel Bachar el-Assad serait tombé il y a bien longtemps, et qui bombarde Alep depuis des semaines, est une alliance entre gens qui ont beaucoup d'argent, en particulier en Occident, et une force militaire brute."

"Pour que la Russie nous prenne au sérieux et que nous puissions, nous, rentrer dans le jeu des négociations, il faut passer à une autre étape, les menacer de sanctions. L'Europe aujourd'hui est complètement absente. Il faut qu'elle devienne adulte et qu'elle affirme ses principes", sous peine d'être coincée "entre un Trump et un Poutine, condamnée éternellement à être les valets de ces deux mastodontes qui se torchent tous les matins avec les droits de l'homme."