Rajoy attendu en Catalogne, pour la première fois depuis la mise sous tutelle

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Rajoy attendu en Catalogne, pour la première fois depuis la mise sous tutelle
Mariano Rajoy est attendu à Barcelone dimanche.@ PIERRE-PHILIPPE MARCOU / AFP
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Mariano Rajoy se rend dimanche à Barcelone pour la présentation du candidat de son parti pour les élections régionales. Il ne fera pas de bain de foule.

Le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy est attendu dimanche à Barcelone, pour la première fois depuis que la Catalogne a été mise sous tutelle par Madrid et au lendemain d'une massive manifestation séparatiste.

Présentation du candidat de son parti. Le conservateur Mariano Rajoy, bête noire des indépendantistes, est attendu à 11h00 dimanche, dans un hôtel de la gare de Barcelone, un peu plus de deux semaines après la suspension de facto de l'autonomie régionale juste après le vote d'une déclaration d'indépendance par son parlement. Il s'y rend pour la présentation officielle du candidat de son parti pour les élections régionales du 21 décembre. Mariano Rajoy avait convoqué ces élections après avoir destitué le gouvernement séparatiste de Carles Puigdemont, et dissous le parlement, pour "rétablir l'ordre constitutionnel", suite au défi sans précédent posé par les indépendantistes de cette région où vivent 16% des Espagnols.

Espoir de gagner des voix. Il espère gagner des voix dans le camp des électeurs jusque-là moins mobilisés qui veulent rester espagnols. Son parti n'avait obtenu que 8,5% des voix lors des dernières régionales en Catalogne, largement concurrencé par la jeune formation libérale Ciudadanos, deuxième force politique de la région, anti-indépendantiste et qui lui reproche sa corruption. La réunion intervient au lendemain d'une manifestation à Barcelone réclamant la libération d'une dizaine de dirigeants séparatistes, le noyau dur du mouvement incarcéré dans des enquêtes pour "rébellion", et "sédition".

"Nous sommes une république". Les puissantes associations indépendantistes qui l'organisaient - L'Assemblée nationale catalane et Omnium cultural - ont montré qu'elles avaient encore la capacité de mobiliser. "Liberté pour les prisonniers politiques", "Nous sommes une république", clamaient deux banderoles en tête du cortège samedi, "forces d'occupation, dehors !" entendait-on dans la manifestation qui a rassemblé près de 750.000 personnes, selon la police municipale. 

Pas de bain de foule. Dimanche, Mariano Rajoy ne fera donc pas de bain de foule. Accompagné de la ministre de la défense, Maria-Dolores de Cospedal, il participera simplement au meeting de présentation de son candidat Xavier Garcia-Albiol. Beaucoup en Catalogne, même non indépendantistes, lui reprochent d'avoir mené un combat contre la très large autonomie de la région gagnée avec le soutien des socialistes en 2006. Ce combat du PP contre le "Statut" ayant accordé de larges compétences à la région, avait débouché sur son annulation partielle par la Cour constitutionnelle en 2010, vécue comme une humiliation par beaucoup.

Mariano Rajoy, qui a dirigé personnellement cette campagne, a accédé au pouvoir en 2011 et a toujours refusé les demandes de la Catalogne d'une meilleure répartition des rentrées fiscales de la nation, puis, avec insistance, la tenue d'un référendum d'autodétermination que les séparatistes ont fini par organiser en ignorant son interdiction par la justice.