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avec Mélanie Nunes
L'envoyée spéciale d'Europe 1 en Allemagne a rencontré l'une des rares personnes qui connaissaient le jeune Syrien qui s'est fait exploser dimanche soir à Ansbach.

L’homme qui s’est fait exploser à Ansbach dimanche avait fait allégeance au groupe Etat islamique, c’est du moins ce que confirme une vidéo retrouvée dans son téléphone portable. Ce Syrien de 27 ans souffrait de troubles psychiatriques, ont rapporté les autorités bavaroises. Mohamed Dalil occupait, depuis un an, un petit studio au premier étage d’un ancien hôtel transformé en centre pour les réfugiés.

Un garçon "très gentil". "Je l’ai vu il y a quelques jours. Tout le monde ici vous dira qu’il était très gentil et amical, surtout au début. Il m’a parlé de sa femme et de son enfant. Mais il passait la plupart du temps dans sa chambre à l’étage, c’était son refuge. Quand je demandais aux autres où il était, ils me disaient qu’il était occupé à jouer sur son ordinateur", témoigne au micro d’Europe 1 Annette, la professeure d’allemand du terroriste et l’une des seules personnes qui le côtoyaient depuis son arrivée.

De plus en plus distant. Mais peu à peu le comportement du jeune homme avait changé, il ne suivait plus ses cours d’allemand. "Il n’était plus très intéressé. J’ai essayé pendant trois mois. Il ne voulait vraiment pas apprendre l’allemand. Il arrivait en retard, pas de merci… […] Il ne pouvait rester en Allemagne, comme beaucoup d’autres. Quand ils reçoivent leurs papiers leur indiquant qu’ils doivent partir, ils vont à l’hôpital et prétendent qu’ils sont malades", explique Annette. Depuis le drame, elle ne souhaite plus donner de cours aux adultes demandeurs d’asile, mais seulement à des enfants, pour ne plus se sentir inutile, explique-telle.