"Quelqu'un tire!" : les appels de Newtown dévoilés

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"Quelqu'un tire!" : les appels de Newtown dévoilés
La police du Connecticut a rendu public mercredi les enregistrements des appels au secours lancés le 14 décembre 2012 de l'école élémentaire de Sandy Hook.@ Reuters
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Les enregistrements des appels à la police lors du massacre de l'école ont été diffusés publiquement.

L'INFO. Une femme paniquée, une enseignante blessée, des policiers au calme impressionnant… Les réactions sont différentes mais toutes proviennent d'enregistrements des appels à la police lors du massacre des écoliers de Sandy Hook qui ont été diffusés mercredi. Le 14 décembre, 2012, un jeune déséquilibré de 20 ans, Adam Lanza, avait tué à l'arme semi-automatique 20 enfants et six adultes dans un établissement de la petite ville tranquille de Newtown dans le Connecticut.

Qu'y a-t-il dans ces enregistrements ? Il est 9h35 quand la police reçoit un premier appel. "Ecole de Sandy Hook, je pense qu'il y a quelqu'un qui tire ici ! Quelqu'un à une arme", déclare la secrétaire très inquiète, qui peine à respirer, expliquant qu'elle a vu quelqu'un et que les gens courent dans le hall d'entrée. "Il tire toujours… Ecole Sandy Hook", implore-t-elle.

La police se rend rapidement sur les lieux. Pendant ce temps, les coups de téléphone affluent. "Ca continue", affirme encore un agent d'entretien, Rick Thorne, au téléphone. Un policier lui demande de se mettre à couvert. "Que se passe-t-il avec les enfants ?", demande le policier. "Ca continue. Je continue à entendre des coups de feu", répond l'agent. Dans un autre appel, une enseignante blessée au pied, fait remarquer calmement qu'elle doit aller fermer sa classe. "Ca va ? (...) Nous avons des gens qui arrivent", lui déclare une policière au calme impressionnant. "Faites que tout le monde reste calme, baissé, éloignez-les des fenêtres", conseille également la policière. Les forces de l'ordre seront sur place à 9h39. Une minute plus tard, Adam Lanza, a mis fin à ses jours avec un revolver. Quatre minutes avant que la police ne pénètre dans le bâtiment.

Les familles ne voulaient pas de diffusion. La police et le procureur local en charge de l'enquête, Stephen Sedensky, ont longtemps refusé de diffuser les enregistrements des appels à la police, particulièrement éprouvants pour les familles. L'agence de presse américaine AP les avait réclamés, dès le jour du massacre, et à plusieurs reprises ensuite, au nom de la liberté d'informer. Elle a obtenu gain de cause, et un juge local, Eliot Prescott, a décidé, fin novembre, que les enregistrements devraient être rendus publics le 4 décembre. La justice voulait faire taire les rumeurs, affirmant que  la police n'avait pas bien réagi dans cette affaire.

Neil Heslin a perdu sa fille ce jour-là. Il ne voulait pas que ces enregistrements soient diffusés :

Cristina Hassinger, la fille de la directrice tuée, Dawn Hochspring, était l'une des rares à être favorable à la diffusion des enregistrements. "Je préfère avoir le plus d'informations possible sur ce qui s'est passé ce jour-là" a-t-elle indiqué au Connectictut Post. 

Des chaînes américaines prudentes. Les médias américains les ont traités avec une extrême prudence. Certaines chaînes de télévision ont annoncé qu'elles ne les diffuseraient pas, notamment la chaîne locale de NBC dans le Connecticut, directement en contact avec ce fait divers qui a traumatisé l'Amérique.

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