Quel bilan pour David Cameron ?

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Quel bilan pour David Cameron ?
Le Premier ministre britannique restera avant tout l’homme du Brexit, mais aussi de l’austérité économique.@ PRU / AFP
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Le Premier ministre britannique restera avant tout l’homme du Brexit, mais aussi de l’austérité économique.

Si l’histoire retiendra essentiellement qu’il a été le Premier ministre du Brexit, David Cameron n’a jamais soulevé les foules. Perçu comme un homme lisse et sans véritable passion, celui qui quitte mercredi le 10 Downing Street, laisse un bilan contrasté marqué par une économie dynamique, mais aussi par une politique d’austérité très stricte.

Un homme sans passion. David Cameron a donc passé le relai à Theresa May, mercredi midi, intervenant une dernière fois devant le Parlement. Le Premier ministre sortant l'a invitée à ne pas complètement tourner le dos aux 27 autres membres de l'union. "Nous devons essayer d'être aussi proches de l'UE que possible", a-t-il déclaré. Après quoi David Cameron a remis sa démission à la reine Elizabeth II.

Une fin de mandat qui restera marquée par la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, pour un Premier ministre qui ne laissera pas une image impérissable à ses concitoyens. Certains ont même eu des mots durs pour le décrire. "Il est éduqué, mais pas intellectuel, déterminé mais pas dominateur, gentleman mais pas snob (...) il est croyant mais pas trop. Les gens de son espèce ont pas mal de limites - manque d'originalité, absence de passion, tentation de l'auto-satisfaction - mais ils ont jadis dominé le monde", résumait lapidairement le journaliste et biographe Charles Moore.

Fils d'une famille fortunée, le lisse et policé Cameron, 49 ans, père de trois enfants, n'a, en effet, jamais soulevé les passions dans son parti, ni auprès des électeurs. David Cameron a étudié au collège chic d'Eton, fréquenté également par son rival Boris Johnson, qui passait à l'époque pour plus brillant et prometteur, selon son biographe Michael Ashcroft. Puis le futur Premier ministre poursuit son cursus à Oxford, avant d’entrer en politique. Un parcours typique des élites britanniques, sans heurts. Son ascension est rapide, jusqu'à son accession à la tête du parti conservateur, il y a onze ans.

Croissance et précarité. Malgré une certaine absence de relief dans sa personnalité, David Cameron peut, tout de même, se vanter de laisser une économie dynamique. Le taux de croissance du Royaume-Uni est positif et le taux de chômage relativement bas. Des résultats obtenus grâce à la mise en œuvre d’une politique d’austérité drastique.
 
 Mais cette austérité, mise en pratique avec une ardeur redoublée une fois finie l'alliance avec les libéraux démocrates, a aussi créé de la précarité. Le traitement réservé aux plus vulnérables a choqué jusqu'à la vénérable chambre des Lords et son propre parti, l'obligeant à adoucir certaines mesures. David Cameron avait, en effet, appliqué une réduction drastique de nombreuses prestations sociales, ainsi que des coupes budgétaires dans les services publics.

Légalisation du mariage gay. Autre fait marquant de son mandat et dont il aime à se rappeler : la légalisation du mariage pour les personnes de même sexe. Sous sa houlette, le parti conservateur a accepté le mariage gay, en 2014. Une avancée qui s’inscrit dans la volonté de Cameron de moderniser son parti.

Mais contrairement à Tony Blair, David Cameron ne s'est jamais accroché au pouvoir. Il avait annoncé qu'il ne se représenterait pas aux prochaines élections en 2020 avant même le référendum. En faisant valoir qu'il y avait autre chose dans la vie et notamment sa famille.