Québec : les étudiants face aux policiers

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Québec : les étudiants face aux policiers
@ REUTERS
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Après plus de 100 jours, le mouvement étudiant se durcit. La police est critiquée.

A Montréal, les manifestations prennent de l'ampleur et la réaction policière aussi. Quelque 700 personnes ont ainsi été interpellées dans la nuit de mercredi à jeudi, à l'issue d'une marche de trois heures. L'ambiance était pourtant "festive" selon les médias canadiens, jusqu'à la rencontre avec un groupe d'intervention de la police dans le quartier Saint-Denis.

Manifestations de casseroles

Munis de casseroles, de nombreux Montréalais étaient descendus pour participer à cette 30ème manifestation nocturne, pour soutenir les revendications des étudiants qui protestent depuis mi-février contre l'augmentation annoncée de 82% de leurs frais de scolarité.

Quelques débordements ont alors été constatés, indique la police.

Sit-in en attendant les arrestations

"Un avis de dispersion a été donné, mais au moins 350 personnes étaient déjà encerclées", explique le quotidien La Presse. Les manifestants ont alors scandé "on reste pacifiques" et ont entamé un sit-in.

"Dans cette foule encerclée attendant son arrestation, des étudiants, des sympathisants de la cause, même quelques têtes bien blanches. Quelques rares cagoulés et deux ou trois fêtards éméchés récupérés à la sortie de bars au fil du trajet", décrit La Presse. Les manifestants ont été embarqués progressivement dans les camions de la police.

Une "souricière" ?

Sur Internet, les blogs et les réseaux sociaux se font l'écho de cette soirée, utilisant le terme de "souricière" pour expliquer la méthode de la police. Un internaute écrit par exemple sur le site communautaire Reddit : "ce qui surprend, c'est la vitesse à laquelle nous sommes passés de manifestation pacifique et festive à un charge de la police. Quelques secondes. Aucun avis de dispersion. Les attaques des 'casseurs' coïncident parfaitement avec le positionnement de l'anti-émeute (invisible le reste de la soirée) pour une souricière. Le scénario parfait pour mettre fin à une manifestation à 2 coins de rue du métro Berry et du parc Émilie Gamelin, ou sans doute plus de 80% des gens se seraient dispersés dans l'ordre."

Durcissement de la situation

Depuis l'adoption par le gouvernement d'une loi spéciale, la "loi 78" restreignant la liberté de manifester, les affrontements se sont multipliés entre les manifestants et les policiers. Mardi, au 100ème jour des manifestations étudiantes, une manifestation géante a rassemblé plus de 10.000 personnes dans la journée dans la métropole québecoise. Elle a été suivie de la 29ème manifestation nocturne

En vertu de la loi 78, une cinquantaine de personnes ont alors été arrêtées, en majorité pour "attroupement illégal". Ce qui n'a pas empêché les Montréalais de réitérer mercredi soir.

Le même jour, un syndicat de conducteurs d'autobus et de métro a demandé à ses membres d'éviter de transporter des policiers sur des lieux de manifestations. Il dénonce des interventions "sauvages" du SPVM contre des manifestants pacifiques.