Que sait-on sur l'avalanche au Népal ?

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Que sait-on sur l'avalanche au Népal ?
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La chute d'un bloc de glace pourrait être à l'origine de la mort des neuf alpinistes, dont quatre Français.

Europe1.fr revient sur l'accident meurtrier qui a frappé une vingtaine d'alpinistes, dont six Français, dimanche matin près du sommet du Manaslu, l'un des sommets de l'Himalaya.

Le camp frappé dimanche dès l'aube. L'avalanche meurtrière s'est produite dimanche matin, dès l'aube. Les alpinistes venus gravir le Mont Manaslu, huitième plus haut sommet du monde, pourraient avoir été surpris dans leur sommeil, alors qu'ils étaient dans leur camp de base n°3, à 7.000 mètres d'altitude. Au moins neuf alpinistes sont morts. "Tout à coup, il a fait nuit noire", a raconté un survivant de nationalité allemande, Andreas Reite. "J'ai compris que nous devions être sous une avalanche. J'ai vu un membre de l'équipe mourir", a-t-il assuré depuis son lit d'hôpital à Katmandou, cité par le Himalayan Times.





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© Reuters

Six victimes françaises. Parmi les victimes, six sont françaises. "Quatre sont décédées,  identifiées d'après des photos", a expliqué Christian Trommsdroff, vice-président du Syndicat national des guides de haute montagne (SNGM), interrogé par Europe 1. "Il y a deux guides de la vallée de Chamonix et deux clients dont les corps ont été retrouvés et identifiés". Un autre guide français et son client figurent parmi les disparus. Mais il n’existe aucune chance de les retrouver vivants. Le nombre total de victimes s’élèverait donc à onze personnes, dont six Français. Au total neuf corps ont été retrouvés, ceux de quatre Français, un canadien, un Italien, un Allemand, un Népalais et un Espagnol. 

>> A lire aussi : Avalanche au Népal : quatre Français morts

Victimes d'une chute de sérac ? Même s'il est "trop tôt pour tirer les conclusions" du drame, Denis Crabières, président du SNGM, pense qu'une "chute de sérac" pourrait être à l'origine de l'avalanche, selon les informations qui lui proviennent du camp de base, au Népal. "Comme tout sommet de 8.000 mètres, il y a des dangers, des risques d'avalanches. Il y a des blocs de glace qui peuvent déclencher des avalanches. C'est ce qui s'est produit apparemment", pense aussi Christian Trommsdroff. C'est également l'avis d'un survivant italien.

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© Reuters

Les recherches suspendues. Après avoir retrouvé cinq alpinistes lors des nouvelles recherches, la police népalaise a "suspendu" les recherches "pour aujourd'hui", a commenté Christian Trommsdorff, estimant au passage qu'il n'y avait "plus d'espoir de retrouver des disparus". Le chef de la police locale a indiqué que deux alpinistes français et un Canadien étaient toujours portés disparus.

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© Reuters

"L'une des pires catastrophes" dans l'Himalaya. Tenter de gravir un "8.000" n'est pas sans risque, évidemment. Néanmoins, ce genre de drame est peu fréquent. "Ce drame touche durement notre profession, c'est le bilan le plus lourd enregistré depuis l'accident d'avalanche du Kang Guru en 2005 au Népal", souligne dans un communiqué le SNGM.

Le Manaslu, huitième sommet du monde. Culminant à 8.163 mètres, le Manaslu se situe au Népal, dans la chaîne de l'Himalaya, l'eden des alpinistes. Il fait partie des légendaires "huit mille", ces quatorze sommets s'élevant à plus de 8.000 mètres d'altitude. Le sommet du Manaslu a été atteint pour la première fois en 1956 par une cordée japonaise. Son ascension n'est "pas particulièrement difficile", selon Denis Crabières. "C'est un sommet essentiellement neigeux et glaciaire avec des pentes assez soutenues pas endroit, ainsi que des risques d'avalanche en fonction des conditions météo".