Qui est Maxime Hauchard, suspecté d’être l’un des bourreaux de l’EI ?

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Qui est Maxime Hauchard, suspecté d’être l’un des bourreaux de l’EI ?
@ Capture d'écran BFM-TV
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Ce jeune français parti en Syrie fait partie des bourreaux de l’organisation de l’Etat islamique. Des soupçons confirmés par le parquet. 

Il a été filmé à visage découvert participant à une exécution de prisonniers syriens, égorgés et décapités. En quelques années, Maxime Hauchard, 22 ans, gentil garçon d'une petite commune normande, est devenu l'un des bourreaux du groupe jihadiste État islamique. Aujourd'hui, son implication dans la décapitation collective de l'otage américain Peter Kassig et de 18 soldats syriens ne fait plus aucune doute. Une enquête, visant Maxime Hauchard et un autre ressortissant français, a donc été ouverte pour assassinats en bande organisée dans le cadre d'une entreprise terroriste. Europe 1 vous en dit plus sur ce jeune normand, appelé "Abdou Abdallah Al Faransi", et converti à l'âge de 17 ans.

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"Il passait rapidement d'une passion à une autre". Le jeune Normand, né de parents normands, a fait sa scolarité dans un lycée d'Elbeuf, en compagnie du fils du maire du Bosc-Roger-en-Roumois, commune de 3.200 habitants à une trentaine de kilomètres au sud de Rouen. "Tout se passait très bien", assure ce dernier, Philippe Vanheule. Selon ses proches, Maxime Hauchard était un touche-à-tout. Il aimait la mécanique et était devenu expert dans la réparation de scooters. Dans une pizzeria de la commune, où il a travaillé un moment, un de ses amis, Baptiste, 21 ans, se souvient d'un garçon, qui "passait rapidement d'une passion à une autre".

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Une radicalisation, seul, via Internet. A l'âge de 17 ans, c'est pour l'islam qu'il se prend de passion et qu'il se converti à l'islam. Par la suite, c'est sur Internet que le jeune homme s'est radicalisé. "Il s'est forgé tout seul une identité", via Internet et les réseaux sociaux, assure Baptiste, un ancien ami. Des réseaux sur lesquels il était très présent avec le nom de jihadiste qu'il s'attribuait, "Abou Abdallah al Faransi", c'est-à-dire "le Français". A Bosc-Roger-en-Roumois, on avait bien noté le changement d'apparence de Maxime, qui portait barbe et djellaba, mais les habitants de la commune étaient loin d'imaginer les projets djihadistes de Maxime Hauchard.

Le journaliste David Thomson, auteur du livre "Les Français jihadistes", a publié une photo du jeune homme :



De la Mauritanie à la Syrie. Pourtant, dès 2011, il est repéré par les radars des services spécialisés français, en raison de son appartenance à la mouvance salafiste radicale rouennaise. Entre octobre 2012 et mai 2013, Maxime Hauchard effectue deux voyages en Mauritanie. Là-bas, il suit des cours dans une école coranique d'obédience salafiste de Nouakchott. A son retour, il se dit "déçu" par l'enseignement "pas assez radical", qu'il a reçu.

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Selon l'enquête de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), le converti décide, le 17 août 2013, de quitter la France pour rejoindre la Syrie, via la Turquie. En Syrie, il ne se cache pas, et publie des photos en mars 2014 sur sa page Facebook, en tenue de combat. En juillet, il accorde une interview à la chaîne BFMTV depuis la ville de Raqqa, fief de l'organisation de l'Etat islamique.

Le reportage de BFM TV à l'époque où la chaîne était rentrée en contact avec lui :



DOC BFMTV - Maxime, jeune combattant jihadiste...par BFMTV

"Dans cette interview, Maxime Hauchard expliquait s'être autoradicalisé sur la toile, racontait ses entrainement militaires, ainsi que sa vie dans une caserne avec une quarantaine de combattants. En août 2014, il exhortait des candidats au djihad à venir le rejoindre en Syrie", a détaillé lundi le procureur de la République de Paris.

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"C'est malheureusement loin d'être un cas isolé". La dérive de Maxime Hauchard est "loin d'être un cas isolé", a insisté lundi le procureur de la République de Paris. Le cas de ce converti originaire de Normandie "n'est pas spécifique", il est "emblématique d'une certaine problématique", "c'est malheureusement loin d'être un cas isolé", a déclaré le magistrat, qui s'est refusé à préciser si d'autres Français avaient été identifiés comme auteurs d'exactions en Syrie et en Irak. Actuellement, selon les services de renseignement français, près de 370 Français se trouvent actuellement en Syrie.