Prothèses PIP : le fondateur recherché

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Prothèses PIP : le fondateur recherché
Jean-Claude Mas, âgé de 72 ans, est présenté par Interpol comme recherché par le Costa Rica pour des atteintes à "la vie et "la santé".@ Reuters
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Interpol demande l'arrestation de Jean-Claude Mas dans une affaire distincte de celle des implants.

Jean-Claude Mas, le fondateur de la société de fabrication d'implants mammaires PIP est recherché par l'organisation policière internationale Interpol. Mais cette demande d'arrestation n'est pas liée au scandale sanitaire international des prothèses mammaires. Elle concerne une présumée conduite en état d'ivresse au Costa Rica qui se serait produite en 2010 et fait encourir à Jean-Claude Mas une peine de trois ans d'emprisonnement.

"Interpol n'a jamais lancé de 'chasse à l'homme internationale' à l'encontre de Jean-Claude Mas pour ces charges ou toute autre charge", a précisé l'organisation de coopération basée à Lyon.

Totalement déconnectée de la PIP

La "notice rouge" est "totalement déconnectée de la société Poly implant prothèse (PIP), qui aurait vendu des milliers d'implants mammaires suspectés de faire peser des risques sur la santé de centaines de milliers de femmes dans le monde entier", a insisté Interpol.

Selon l'avocat de PIP, Jean-Claude Mas ne serait pas en fuite, ni en Amérique du Sud, ni au Luxembourg. Maître Yves Haddad affirme s'être entretenu avec lui par téléphone il y a quelques jours. Le fondateur de PIP se trouverait dans le département du Var et serait prêt à se rendre disponible auprès de la justice.

100.000 prothèses par an

Fondée en 1991 à la Seyne-sur-Mer, dans le Var, la société de fabrication d'implants mammaires PIP, liquidée depuis mars 2010, a occupé pendant un temps le rang de numéro trois mondial du secteur, fournissant quelque 100.000 prothèses par an, essentiellement à l'étranger. Son fondateur et président du conseil de surveillance est né le 24 mai 1939, indique sa fiche Interpol, dont la date de publication n'est pas précisée.

Sa photo le montre portant barbe grise et tenant une pancarte de police sur laquelle figure la date du 1er juin 2010. Les "notices rouges" d'Interpol servent à demander l’arrestation provisoire en vue d’extradition d’individus recherchés et sont fondées sur un mandat d’arrêt ou une décision judiciaire.

"Qu'il réponde de ses actes", demande Xavier Bertrand

Le ministre de la Santé Xavier Bertrand a souhaité samedi sur Europe 1 que Jean-Claude Mas "soit retrouvé et réponde de ses actes" comme "celles et ceux qui ont eu un intérêt dans cette société". "Vous pensez bien qu'on est particulièrement intéressé par le fait qu'il soit retrouvé, qu'il réponde de ses actes parce que derrière, il y a une sombre affaire de gros sous", a déclaré Xavier Bertrand interrogé sur la "colère" des femmes concernées par la fraude sanitaire et les procédures judiciaires possibles.

"En ne mettant pas le produit prévu, ils ont cherché à se faire de l'argent, c'est la pire des choses, sur la santé des femmes a ajouté le ministre de la Santé. Interrogé sur des procédures qui concerneraient des "cliniques" et des "chirurgiens", le ministre a mis en garde contre la dangereuse "tentation d'une théorie du complot".

La Cnam va déposer une plainte au pénal

De son côté, la Caisse Nationale d'Assurance maladie a annoncé samedi son intention de déposer plainte d'ici quelques jours au pénal "pour tromperie aggravée et escroquerie", a annoncé son directeur, Frédéric Van Roekeghem. Ce sera "vraisemblablement une plainte contre X", dirigée vers le producteur des prothèses, a-t-il précisé.

La France recommande le retrait des prothèses PIP

Le gouvernement français a recommandé, vendredi, "à titre préventif et sans caractère d'urgence" le retrait des prothèses mammaires de marque PIP pour toutes les femmes qui les portent, même s'il n'a pas été démontré à ce jour un risque accru de cancer. Quelque 30.000 femmes en France se sont fait implanter des prothèses mammaires de marque Poly implant prothèse (PIP).

En 2007-08, une centaine de Britanniques porteuses de ces implants avaient porté plainte contre PIP pour "prothèses défectueuses (fuites de gel de silicone)". PIP a finalement été condamné par défaut à 1,4 million d'euros d'indemnités pour "non-représentation" devant le tribunal, selon Me Yves Haddad, avocat des deux principaux dirigeants de la société dont Jean-Calude Mas.