Procès voitures autonomes : Waymo (Google) accuse Uber d'avoir "triché"

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Procès voitures autonomes : Waymo (Google) accuse Uber d'avoir "triché"
Par l'entremise de la start-up fondée par un ancien ingénieur de Waymo, Uber aurait volé des technologies du géant de l'Internet@ JOSH EDELSON / AFP
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Lundi s'est ouvert le procès qui oppose Waymo, filiale d'Alphabet la maison mère de Google, à Uber qu'elle accuse de lui avoir volé des technologies pour développer des voitures autonomes. 

"Guerre", "triche", "complot"... Les hostilités ont démarré fort lundi dans le procès opposant Uber à Waymo, filiale de Google qui le poursuit pour vol de technologies dans les voitures autonomes, vues comme le Graal des transports.

"Gagner" la course à la voiture autonome. L'ancien patron d'Uber, le sulfureux Travis Kalanick, a même été mis en cause directement dès les premières minutes de l'audience par les avocats de Waymo. Absent lundi, il pourrait témoigner plus tard dans le procès, qui doit durer deux à trois semaines.

Travis Kalanick a "décidé d'investir énormément dans la conduite autonome" et, en 2015, "a décidé que gagner était plus important que la loi (...) quoiqu'il en coûte", a déclaré Charles Verhoeven, l'un des avocats de Waymo qui réclame entre un et deux milliards de dollars à Uber, devant un tribunal fédéral de San Francisco (Californie, ouest des États-Unis).

"Une partie de nos technologies nous a été enlevée". "Il a pris la décision et cette décision était de tricher", a-t-il insisté, extraits d'emails et de SMS à l'appui. Selon lui, Uber s'est rendu compte qu'il était "incapable de rattraper" son retard dans la conduite autonome alors que Waymo a commencé à travailler dans la conduite autonome en 2009. "Nous croyons en la concurrence loyale" et "une partie de nos technologies nous a été enlevée", a témoigné John Krafcik, le patron de Waymo.

Ne pas juger si "Uber est une entreprise maléfique". Connu pour son tempérament impétueux et des méthodes peu orthodoxes, Travis Kalanick - qui a co-fondé Uber - a été poussé à la démission en juin 2017. Uber tente depuis plusieurs mois de se défaire d'une réputation largement écornée par les scandales des années Kalanick. À tel point que le juge William Aslup a pris soin de préciser par écrit aux jurés avant le procès qu'il ne s'agirait "pas de déterminer si Uber est une entreprise maléfique ou pas".

Des technologies volées grâce à un ancien ingénieur de Google ? Pendant près de six heures lundi, les deux groupes se sont accusés mutuellement d'avoir voulu nuire à l'autre, vu comme une menace dans la course effrénée à la voiture sans conducteur. Waymo accuse l'un de ses anciens ingénieurs, Anthony Levandowski - qui n'est pas poursuivi dans ce procès mais dans une autre procédure -, d'avoir volé fin 2015 des milliers de documents confidentiels de son employeur portant sur des technologies de conduite autonome, avant de fonder sa propre start-up, Otto. Celle-ci a peu après été rachetée par Uber.

Des secrets industriels qui n'en n'étaient pas. "Il n'y a pas de complot ici", cela "n'a aucun sens", a balayé Bill Carmody, qui défend Uber. Selon lui, Google était "très inquiet" de la concurrence d'Uber depuis longtemps, inquiétudes renouvelées lors du rachat d'Otto en 2016 et après le départ de plusieurs ingénieurs du projet de voiture autonome du géant d'Internet.

Et quand Anthony Levandowski a quitté à son tour Google, l'un des dirigeants du groupe, "Larry [Page, a] craint qu'il ne se lance dans quelque chose qui fasse concurrence", a ajouté le conseil, citant un email interne au géant technologique. Google avait même "songé à empêcher le rachat" d'Otto et, ce, alors que Google "n'avait pas la moindre idée qu'Anthony Levandowski avait téléchargé le moindre fichier", a aussi affirmé Me Carmody.

Waymo, qui est une filiale d'Alphabet, maison mère de Google, va devoir prouver pendant les débats qu'il s'agissait bien de secrets commerciaux, qu'Uber les a récupérés indûment, les a utilisés et en a tiré profit.