Prise d'otages à Sydney : 16 heures d'angoisse

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Prise d'otages à Sydney : 16 heures d'angoisse
@ Reuters
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La prise d’otages s’est terminée dans le sang, avec la mort de trois personnes dont le suspect. Europe 1 retrace le cours de cette journée à Sydney.

Comment tout a commencé ? Il est 10h (heure locale, minuit à Paris), aux alentours de la Martin Place, dans le quartier des affaires et très touristique de Sydney, en Australie, lorsqu'un homme qui porte un sac à dos pénètre dans le Lindt Chocolat Café. Les 17 personnes qui s’y trouvaient, clients et employés, sont prises en otage. "Certains étaient simplement venus acheter une tasse de café", a précisé le chef de la police de la Nouvelle-Galles du Sud, lors d’une conférence de presse mardi matin, heure locale.

Le quartier est rapidement bouclé par la police australienne, qui négocie des heures durant avec le preneur d’otages. Ce dernier demande à parler au Premier ministre et veut qu'on lui fournisse un drapeau de l'Etat islamique. Au compte-gouttes, au cours de la journée, plusieurs otages parviennent à quitter le café où ils étaient retenus. Vers 2h30 du matin, ils sont plusieurs à sortir ensemble, avant que la police ne donne l’assaut, "après avoir entendu des coups de feu", selon le chef de la police. Après 16 heures de tension extrême, la prise d’otages se termine.

>> Regardez les images de l'assaut de la police :



Quel bilan après l’assaut de la police ? Au cours d’une conférence de presse qui s’est tenue mardi matin (heure de Sydney), le chef de la police a confirmé la mort de trois personnes, dont le preneur d’otages. Les deux otages tués avaient 34 et 36 ans. Six autres personnes ont été blessées, dont un officier de police.

Man Monis Australie 640

Qui était le preneur d’otages ? Le suspect a été identifié comme étant Man Haron Moni, un Iranien de 49 ou 50 ans installé en Australie depuis 1996. Il était connu de la justice pour des affaires d’agressions sexuelles et devait comparaître devant un tribunal en février 2015. L’homme était également soupçonné d’être impliqué dans l’assassinat de son ex-femme. En 2013, il avait été condamné pour avoir envoyé des lettres "blessantes" à des familles de soldats australiens morts en Afghanistan.

Il se présentait comme un "guérisseur spirituel", adepte de l’astrologie, de la numérologie, mais aussi de la méditation et de la magie noire. Il se serait récemment converti au sunnisme, dont se réclament les djihadistes d’Irak et de Syrie, mais était auparavant un religieux chiite, la branche de l’islam majoritaire en Iran.

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Man Haron Moni était-il un djihadiste de l’Etat islamique ? Le preneur d’otageq était un islamiste radical, au vu des publications sur son blog et des propos qu’il avait tenus à la presse avant les événements de lundi. Une de ses premières revendications a été de réclamer un drapeau de l’organisation terroriste. Il a également forcé des otages à brandir un drapeau pourtant une inscription musulmane différent de celui de l’Etat islamique.

Pour autant, la police australienne évoque mardi matin un "acte isolé" en parlant de la prise d’otages. Selon son avocat, Man Haron Moni était un "individu dérangé qui a commis un acte terrifiant", mais sûrement pas organisé.