Poutine se méfie encore du concombre

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Poutine se méfie encore du concombre
Vladimir Poutine refuse "d'empoisonner" ses concitoyens au nom de l'OMC@ REUTERS
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La Russie ne veut pas lever l’embargo sur les légumes européens malgré la colère de l'UE.

Vladimir Poutine persiste et signe. La Russie a annoncé vendredi qu'elle maintenait son embargo décrété jeudi sur les légumes européens par peur "d'empoisonner" ses concitoyens, alors même que le concombre espagnol a été mis hors de cause dans la transmission de la bactérie tueuse.

"Je vérifie le bien-fondé de la décision (d'interdire l'importation de légumes de l'Union européenne) prise par les services sanitaires, mais nous attendons des informations de nos collègues de la Commission européenne", a déclaré le Premier ministre.

"Les représentants de la Commission européenne nous disent que cette décision de la Russie est contraire aux principes de l'Organisation mondiale du commerce (...) mais des gens meurent là-bas (en Europe) car ils consomment ces produits, et nous n'allons pas empoisonner nos gens au nom de quelconques principes", a insisté Vladimir Poutine.

"Nous attendons que nos partenaires européens déterminent la source de cette saleté", a encore souligné Vladimir Poutine. "Ces concombres, après la consommation desquels des gens meurent, sentent vraiment mauvais", a ajouté le Premier ministre russe, un habitué des déclarations imagées.

Déjà un contentieux autour des visas

Cette décision est lourde de conséquence pour Bruxelles. Les exportations de légumes frais vers la Russie représentent 600 millions d’euros par an. De plus, le représentant de l'Union européenne à Moscou a jugé que l'embargo allait à l'encontre des règles de l'OMC, à laquelle la Russie espère adhérer en 2011 après des années de négociations difficiles.

"La Russie veut et je l'espère va rejoindre l'OMC dans un avenir proche", a déclaré Fernando Valenzuela au cours d'une conférence de presse à Moscou. "L'un des aspects de l'entrée dans l'OMC est une série de règles concernant les mesures sanitaires et phytosanitaires, et l'interdiction décidée par les autorités sanitaires de Russie ne respecte pas ces règles", a-t-il mis en garde.

Enfin, derrière le motif sanitaire invoqué par Vladimir Poutine, pourrait se jouer une toute autre question. Selon certains observateurs, l'affaire des concombres serait un prétexte pour peser sur le contentieux des visas que l’Union européenne impose aux ressortissants russes.